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Séance consacrée
principalement au symbolisme de la légende arthurienne.
Arthur terrassé.
Le sommeil
d'Arthur et de Merlin.
Le vase secret et
l'épée prise dans le roc.
Camelot vagabond.
Avalon, l'île aux
prêtresses.
La Table Ronde.
Les Templiers et
la chrétienté.
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Arthur : Bien…bien. Bonjour mon ami.
Gérard : Bonjour.
Arthur : Alors, nous voici de nouveau au rendez-vous.
J'en suis fort aise… Nous avons maintenu un rythme bien soutenu et nous
avons déjà, je dirais, couvert bien des points intéressants. Nous pourrons,
dans une séance future, voir ensemble le lien qu'il y a entre cette échelle des
neuf chakras, comme nous avons commencé à regarder et ce qui a déjà été
mentionné, les neuf familles de la conscience et également comment ceci se
place dans la légende arthurienne. Comment cette légende illustre, symbolise le
rôle, nous pourrions dire, des neuf familles de la conscience.
Nous avons
mentionné le fait que le chakra du plexus solaire constitue en quelque sorte,
un moment de rupture, c'est-à-dire le passage entre celui-ci et celui du
cœur. Il constitue, d'une certaine façon, une rupture et de ce fait, en
accord avec le rôle que tient ce centre d'énergie à l'effet que les créations,
quelles qu'elles soient, trouvent ici leur place en rapport
avec ce qui "existe déjà" et donc définissent, pour ainsi dire, leurs
rôles dans ce vaste jeu de la création. Nous pourrions dire également que c'est
ici que la conscience, définie comme étant l'ego, s'identifiera en rapport avec
les objets existant au milieu desquels cet ego prendra place. Par objet nous
entendons ici bien sûr tout phénomène déjà existant ou même qui existera en
fonction du champ de conscience de cet ego. De cette identification découlera
ce que vous avez identifié comme étant le pouvoir personnel, c'est-à-dire le
degré de validité qui sera perçu, qui sera ressenti, nous pourrions dire, par
cet ego; jusqu'à quel point celui-ci se sentira possédé d'une existence
légitime, nous pourrions dire, dans le contexte général dans lequel il se
placera, il sera placé.
Bien. Il n'est
pas encore temps de nous déplacer vers ce qui concerne le chakra du cœur.
Le moment n'est plus tellement éloigné maintenant, mais il n'est pas encore
arrivé et donc nous allons continuer avec les questions que vous avez préparées
et je crois bien que ce soit encore sur la légende arthurienne, d'après ce que
j'ai compris. Donc, mon ami, nous allons plonger…
Gérard : Bon … nous n'avons pas tout à fait
épuisé tous les symboles contenus dans la légende arthurienne !
Arthur : Ah non? (Dit en riant)
Gérard : Bien… Alors, dans la légende, Arthur se
fait terrasser par son fils Mordred. Quelle est la
symbolique de cet aspect de la légende?
Arthur : Arthur terrassé… Bien sûr, nous avons
ici la symbolique, nous pourrions dire, du vieil ordre qui serait remplacé par
le nouvel ordre. Mais c'est une symbolique que vous connaissez bien tous, que
vous avez bien rendue dans plusieurs de vos cultures par bien sûr les
changements des saisons. Vous pouvez également vous référer à cette vision que
vous avez puisée dans l'Extrême-Orient avec le yin et le yang, le vieil ordre
des choses remplacé par le nouvel ordre des choses, bien sûr. Il s'agit ici,
dans la légende arthurienne, d'un élément mythologique, nous pourrions dire,
appartenant à toutes les cultures, anciennes ou modernes d'ailleurs. Vous y
retrouvez les symboles solaires également, soulignés presque partout par les
célébrations des solstices. Vous pouvez en faire également le rapprochement
avec tous les autres mythes des autres cultures de cette période. Il y a
toujours eu cette conscience du rythme; nous en avons déjà parlé …
l'univers est rythmé. De la même façon que la vie d'un individu sera rythmée
par des phases d'expansion et de contraction, pour ainsi dire, des phases de
mouvements vers l'extérieur et de retour vers soi, vers l'intérieur, vous avez
effectivement, dans les peuples, le même rythme. Le vieux roi terrassé par le
jeune prétendant au trône symbolise tout simplement cette phase du rythme amené
à son moment maximal, nous pourrions dire, et la phase suivante prenant place.
Vous pourriez
donc y associer également, bien sûr, toutes vos images d'un ancien âge et d'un
nouvel âge. Mais cet élément du mythe n'a pas été mis en place en prévision de
ce que vous appelez aujourd'hui le Nouvel Age. Cet élément du mythe existe,
comme je viens de le mentionner, dans toutes les cultures. Un élément qui
pourrait, pour vous, peut-être, être intéressant ici est le fait que Mordred, étant le fils issu de l'inceste, est la
continuation, nous pourrions dire, pure, entière, totale de l'ancien ordre. Le
nouvel ordre découlant totalement de l'ancien ordre. Cependant, je vous
rappellerai que, bien qu'Arthur soit terrassé par son fils Mordred,
il n'est pas tué par lui, il n'en meurt pas. Et ceci signifie que le nouvel
ordre continue à se baser sur les fondations de l'ancien, se devra de continuer
à puiser dans cet ancien ordre. Il n'est pas question, selon cette symbolique,
de détruire totalement, complètement ce qui a été acquis durant cette phase.
Gérard : Dans la légende justement, Arthur sommeille
et Merlin aussi. Quelle est cette symbolique?
Arthur : Bien. Ceci recoupe ce que nous venons
d'amener comme vision : la connaissance traditionnelle, ancestrale qui
demeure dans les fondements disponibles. Vous pourriez également amener ici le
symbole du roi qui sommeille, autant que du mage, comme illustrant ces aspects
de la conscience que vous avez identifiés comme étant le soi supérieur et
l'aspect divin de votre être, votre être multidimensionnel (petit rire).
Vous percevez ceux-ci comme étant en sommeil, alors que, en réalité (amusé)
évidemment, ils sont des aspects de vous en total éveil et en quelque sorte des
aspects veillant sur cet aspect de votre conscience que vous identifiez comme
étant l'ego. Vous avez donc ces figures perçues comme étant supérieures,
possédant de grands pouvoirs, inaccessibles, pour le moment du moins et qui se
manifesteront quand les temps seront mûrs, c'est-à-dire quand vous serez prêts
à non seulement devenir conscients de ces aspects de vous-mêmes mais à
réintégrer, nous pourrions dire, ou plutôt à vous réintégrer à ces aspects de vous-mêmes.
Vous pourriez ici assimiler le roi Arthur à cet aspect de votre conscience que
vous associez au cœur et Merlin à cet aspect de votre conscience que vous
assimilez à votre intelligence, à vos fonctions intellectuelles. La caverne
dans laquelle dort Arthur, donc évidemment symbolisant votre cœur et le
cristal dans lequel est emprisonné Merlin symbolisant votre esprit.
Ces deux
personnages, selon leur contexte légendaire, sont inaccessibles bien sûr. Mais
si vous vous mettez en quête, nous dirions, du Graal, vous trouverez Arthur et
Merlin. Ils ne sont absolument pas indissociables évidemment du Graal et ils
sont autant objets de cette quête que cette mythique coupe, que cet objet
recherché. Dans la légende, vous avez un autre élément qui pourrait, pour vous,
être d'un certain intérêt et c'est tout cet aspect des éléments secrets, des
éléments cachés en rapport, nous pourrions dire, à ces éléments qui ne le sont
pas. Lorsque vous cherchez le Graal, qui lui-même est un objet réputé presque
inaccessible, vous avez accès facilement à Excalibur, qui elle n'est pas
cachée.
Vous avez
symboliquement, nous pourrions dire ici, l'illustration de l'importance qui est
mise sur l'action, ce que vous pourriez désigner comme une importance
exotérique. La place que tient un symbole comme celui-ci – le rôle que
l'épée Excalibur représentant l'action – vous donne l'illustration du
type de conscience que vous mettez en place de votre côté du voile, dans votre
création de la dualité et le vase secret, caché, qu'est le Graal, vous donne
l'illustration de votre conscience en tant qu'être – donc l'un désignant
l'action, l'autre désignant l'état. Et vous avez ici donc l'illustration de ce
qui vous apparaît dans un premier lieu et ce qui vous apparaîtra lors de la quête
de vous-mêmes, nous pourrions dire. Ce qui vous est évident et ce qui vous est
caché : l'épée et le vase. Votre association de l'épée avec vos fonctions
intellectuelles, vos fonctions mentales et du vase avec vos fonctions
émotionnelles est une excellente association. Et vous avez bien l'illustration
ici de ce qui est mis en évidence, ce sur quoi l'importance est facilement
mise, et ce qui est par contre précieux et recherché. Je vous laisse tirer les
conclusions que vous voudrez bien en tirer.
Gérard : Mais si le vase est caché et difficile à
trouver, l'épée, elle, n'est pas cachée; mais n'est-elle pas difficile à
manipuler? Elle est prise dans le roc. Quelle en est la symbolique et pourquoi
seul Arthur pouvait la sortir de là?
Arthur : Vous avez ici l'illustration de la clarté de
l'esprit symbolisée par l'épée enfoncée dans la densité de la matière, de la
terre. Le fait que seul un être au cœur pur puisse retirer cette épée du
roc et qui plus est, manipuler par la suite cette épée, illustre ici la nécessité,
bien sûr, pour tout individu, de savoir dégager sa pensée, son esprit des
éléments plus lourds qui seraient constitués par l'avidité, la colère etc, ce
que vous avez perçu comme étant les aspects négatifs de votre personnalité et
de votre comportement. Cet aspect de la légende illustre simplement la
nécessité de savoir dégager son esprit des éléments plus denses de votre
réalité. Maintenant, un point de réflexion pour vous, qui serait intéressant,
est de constater que pour extraire cette épée et la manipuler, il fallait
quelqu'un au cœur pur, mais pour trouver le Graal, il faut quelqu'un au
cœur pur et à l'esprit pur. Je vous laisse méditer sur ces aspects…
Gérard : Est-ce que Camelot relève d'une autre réalité
comme la Lémurie et l'Atlantide ? On pourrait parler aussi de l'île d'Avalon?
Arthur : Nous vous dirions que Camelot relève des deux
mondes, en quelque sorte. Dans ce que vous pourriez concevoir comme la
dimension parallèle … hum … ce n'est pas le bon terme, ce n'est pas
une dimension parallèle dans laquelle ont existé l'Atlantide et la Lémurie. Les
concepts ici sont difficiles à définir : c'est en même temps et ce n'est
pas une dimension parallèle. C'est une dimension qui vous concerne, qui fait
partie, qui appartient en quelque sorte à la vôtre, mais en même temps, que
vous pourriez aussi concevoir comme parallèle. Vous pourriez utiliser également
le concept de mondes qui se chevauchent et encore une fois sans que ce concept
rende vraiment ce dont il s'agit en réalité*. Et de la même façon que l'Atlantide
et la Lémurie ont fait partie de votre monde, Camelot a aussi fait partie de
votre monde, appartenant d'ailleurs à la même dimension que ce que vous appelez
aujourd'hui l'Atlantide. Ils se sont, en quelque sorte … comment vous
dire … ils ont existé sur un même plan et ils sont la continuation, nous
pourrions dire, l'un de l'autre, si nous les plaçons sur la ligne de temps
linéaire.
Dans cette
optique, Camelot est la continuation, l'une des suites de l'Atlantide, l'un des
points, l'un des centres qui ont survécu, en quelque sorte, à la chute de ce
monde que vous désignez aujourd'hui comme l'Atlantide. Vous savez bien qu'avant
de disparaître de vos dimensions, ce monde avait ancré dans le vôtre plusieurs
… hum … ce que vous pourriez appeler des points de chute de leur
propre civilisation, en quelque sorte, de leur propre monde. Il est important
ici de spécifier d'ailleurs que ce monde que vous appelez l'Atlantide ne s'est
pas effondré. C'est un plan de réalité qui s'est petit à petit séparé de votre plan.
Ce que vous avez perçu comme un effondrement a plutôt été le moment définitif
de séparation, en quelque sorte, d'avec votre plan.
Camelot, au même
titre que plusieurs autres points de la planète, plusieurs endroits de votre
planète, de votre dimension, constitue l'un de ces points de chute de ce monde
qu'est l'Atlantide, l'un des centres où ont été déposés, nous pourrions dire,
certains aspects de la connaissance gardés en réserve. Il se situe en parallèle
aux autres endroits de votre dimension, de votre planète, où sont gardés de la
même façon d'autres aspects de la connaissance, par exemple comme en Égypte,
comme dans certains endroits de l'Amérique du Sud, de l'Amérique Centrale,
certains autres endroits de l'Amérique du Nord également. Comme plusieurs
autres endroits, Camelot appartient aux deux mondes, appartient aux deux
dimensions. En quelque sorte il est un lieu de passage, nous pourrions dire, et
de conservation de cette connaissance. Sa localisation physique a toujours
changé et continue de changer de place car c'est un "lieu" ne pouvant
exister qu'à partir de certaines conditions énergétiques de cette terre dans
laquelle il existe. Je peux vous dire qu'il se déplace toujours à l'intérieur
de cette grande île que vous identifiez comme étant la Grande Bretagne, mais
vous ne le trouverez jamais au même endroit. Lorsque je dis jamais, évidemment
je sous-entends quand même d'assez longues périodes de temps, plusieurs années
à la fois. Mais c'est un lieu qui se déplace toujours. Autant il vous sera possible
de trouver définitivement où se situait l'Atlantide, autant vous aurez de la
difficulté à situer historiquement ce lieu que vous nommez Camelot, à cause de
cette nécessité de déplacement.
Maintenant, je
vous dirais que ce lieu existe encore(petit rire). Il est encore actif
en termes de ce que nous vous disions, du passage entre les dimensions et
l'information continue de circuler par son entremise. Mais il fut une époque
où, bien sûr, son existence était beaucoup plus perceptible qu'elle ne l'est
maintenant. Ceci est dû principalement à deux facteurs : d'abord le fait
que vous vous soyez assignés avec autant de conviction, nous pourrions dire, (amusé)
à rejeter l'existence de ce type de phénomène vous en rend la perception
extrêmement difficile mais également le fait que, pendant longtemps, ces deux
plans sur lesquels il existait étaient très peu en phase – le vôtre et le
plan sur lequel existent ces autres mondes que vous connaissez. Petit à petit,
ces plans retrouvent une certaine concordance, se remettent lentement en phase,
ce qui vous permettra de percevoir beaucoup mieux l'existence de ces mondes.
Donc voici pour Camelot.
Maintenant en ce
qui concerne l'île d'Avalon, cet endroit peut facilement être qualifié d'un
lieu historique, dans ce sens que cet endroit a toujours existé sur votre
dimension. Ce n'est pas un lieu appartenant à cet autre plan dont nous
parlions. Il fut l'un des lieux les plus importants de cette culture mais comme
beaucoup de lieux qui ont eu leur importance durant vos sociétés matriarcales,
il n'en demeure rien en termes d'architecture etc.… car les valeurs
étaient mises sur l'expérience humaine proprement dite plutôt que sur les
produits de cette expérience. Dans l'île d'Avalon on y travaillait entre autres
beaucoup la science du rêve et bien sûr, bien sûr, la science des plantes et
des cristaux. La connaissance du domaine de la guérison était très grande, très
profonde dans l'île d'Avalon. Mais encore une fois … nous dirions …
les prêtresses de l'île d'Avalon ont changé de lieu elles-mêmes à plusieurs
reprises. Elles ne sont pas toujours restées dans le même lieu physique. Selon
les époques, selon les périodes, nous pourrions dire les différentes périodes
politiques, elles ont changé de place.
Donc, encore une
fois, vous ne pourrez pas trouver un lieu définitif désigné comme étant cette
fameuse île d'Avalon. Il fut même une période où elles ont été installées, nous
pourrions dire, sur le continent. Nous pourrions vous dire également que cette
île a pris cette importance dans la mythologie celte du fait que toute la
connaissance était en réalité détenue par ces prêtresses … par ce que
vous appelleriez aujourd'hui un collège d'initiées peut-être. C'était leur rôle
de former tous les individus, hommes ou femmes,
qui auraient, de près ou de loin, un rôle important à jouer dans
leur culture: les druides, les bardes, les hommes et les femmes ayant détenu
des rôles politiques importants, des chefs de clan ont reçu une partie de leur
formation par ces femmes, directement ou indirectement. Elles étaient les
gardiennes de la connaissance dans cette culture, à l'origine même de la
connaissance druidique d'ailleurs. Bien.
Gérard : La Dame du Lac, son rôle et ce qu'elle
symbolise? Elle aurait formé Lancelot?
Arthur : Eh bien voilà, nous venons de parler de la
Dame du Lac. La Dame du Lac, bien sûr,
représente, dans la légende, les femmes de l'île d'Avalon et vous avez
ici, bien sûr, l'illustration de ce que nous venons de vous dire avec l'épée Excalibur,
donc la connaissance possédée par ces femmes et le rôle d'initiatrices que ces
femmes avaient. Car ce n'est que par le pouvoir même de la Dame du Lac
qu'Arthur peut devenir roi, non seulement en extrayant ainsi l'épée du roc,
donc en performant, nous pourrions dire, la première initiation mais aussi en
se pliant, en quelque sorte, à la période de formation qui s'ensuit avec elle
et à la dernière initiation celle qui le fera roi … qui se fera au sein
même de leur confrérie, nous pourrions dire. Ce n'est qu'en se pliant aux
exigences de ce rituel, qui pourrait lui coûter la vie d'ailleurs, qu'Arthur
pourra devenir roi. Donc nous avons ici une des illustrations du pouvoir que
ces femmes avaient dans cette culture. Bien.
Gérard : J'aimerais connaître la symbolique du Roi
Pêcheur?
Arthur : Le Roi Pêcheur est un élément purement
légendaire issu des éléments culturels, en quelque sorte, des peuples qui ont
précédé l'arrivée des Celtes et il symbolise principalement, nous pourrions
dire ici, dans le cadre de cette légende, la pérennité de la connaissance. Mais
également, considéré en soi, il peut constituer un symbole assez riche mais
qui, cependant, ne concerne pas vraiment notre propos car il se place très peu
dans la légende arthurienne elle-même et dans le cadre de ce que nous étudions
en quelque sorte actuellement. Il se pourrait qu'il devienne pertinent à un
autre moment de considérer ce symbole, mais pour l'instant, il se place très
peu dans ce qui nous concerne.
Gérard : Parfait, alors un dernier symbole : la
Table Ronde?
Arthur : Ha! La fameuse Table Ronde! Et je me
demandais bien si elle allait surgir cette Table Ronde qui, quand même, est un
élément central à toute cette légende, bien sûr. Et fait intéressant, je vous
ferai remarquer que cette Table Ronde vient, encore une fois, par le biais des
femmes. Elle est représentative, nous dirions, des impératifs d'unité, d'union,
mais bien sûr vous en connaissez vous-mêmes parfaitement bien la portée, la
signification : le lieu de rassemblement, le lieu d'union, le lieu où
l'unité devenait possible. Ce que vous avez vous-mêmes d'ailleurs souligné à
l'effet qu'il ne pouvait y avoir autour de cette table d'endroit plus
significatif qu'un autre endroit : tous les endroits, tous les sièges
autour de cette table avaient la même valeur. Donc, vous aviez ici la
disparition des valeurs hiérarchiques. Alors, lorsque le roi et ses chevaliers
se retrouvaient autour de cette table, ils avaient tous la même position
sociale, nous pourrions dire. Ceci d'ailleurs vous indique bien à quel point
cette notion de royauté existait peu dans cette culture, à quel point elle
était circonstancielle. Et il vous est très facile à vous-mêmes de reprendre ce
symbole et de l'appliquer à vos propres expériences, bien sûr … à
projeter ce symbole dans ce que vous tentez de créer maintenant. Vous n'avez
pas besoin de grandes dissertations sur ce symbole. Bien.
Gérard : J'aimerais conclure par deux choses. D'abord
peut-être un mot sur comment tout ceci est venu au monde. Il y a eu un Arthur
druide et une histoire qui s'est créée autour de ça; il y a eu les Templiers.
Donc j'aimerais entendre parler de l'historique de la légende et du rôle des
Templiers dans cette légende.
Arthur : Bien. Je vais vous préciser que les Templiers
n'ont pas construit cette légende, ils n'ont pas fait cette légende. Les
Templiers ont à voir bien sûr avec ce que vous connaissez aujourd'hui, mais ils
n'ont rien à voir avec la légende ou avec la construction de cette légende.
Comme chez tous les peuples, quels qu'ils soient, cette légende s'est construite
elle-même petit à petit, au fil de ce que ce peuple expérimentait, que ce
peuple créait. Et cette légende illustre le vécu de ce peuple, la création de
ce peuple. Donc, évidemment, elle s'est construite … comment nous dirions
… elle est l'expression de la vie de ce peuple, comme toutes les grandes
légendes de ce type, comme toutes les mythologies. Donc, elle est comme pour
les autres, nous dirions, l'expression historique … ce qui pourrait être
conçu comme l'expression historique de la vie de ce peuple, à plus forte raison
évidemment lorsqu'il s'agit de tradition orale et donc de la nécessité de
préserver, jusqu'à un certain point, la connaissance de l'histoire de ce
peuple. Ce que les Templiers ont fait a été de reprendre certains éléments de
cette légende et de les reformuler d'une certaine façon de telle sorte que ces
éléments qui sont soit des personnages, soit des événements ou qui sont des
éléments eux-mêmes de la légende, comme la quête du Graal – donc des
éléments de la légende remaniés ou encore étoffés, parfois modifiés par les
Templiers et leurs successeurs. Mais les Templiers n'ont pas imaginé cette
légende, n'y ont pas donné naissance, c'est impossible; une légende comme celle-ci – c'est plus
qu'une légende d'ailleurs – vient au monde, pour ainsi dire, avec le
peuple, avec un peuple et constitue l'expression même de ce peuple. Aucun
organisme ne pourrait, nous pourrions dire, presque artificiellement donner
naissance à une légende comme celle-ci.
Gérard : Tantôt, en parlant d'éléments modifiés, j'ai
pensé que Merlin, qui était dans la légende le fils des forces de la Nature,
sous les traits des Templiers, serait devenu le fils du diable, les Templiers
étant chrétiens.
Arthur : Ce
ne sont pas les Templiers du tout qui en
ont fait le fils du diable, ce sont en grande partie oui les chrétiens, mais
cette vision est tardive. Les Templiers, bien que chrétiens, détenaient leurs
connaissances initiatiques, comme vous le concevez maintenant, aujourd'hui,
principalement des juifs et des arabes, qui étaient loin d'être chrétiens
eux-mêmes et des juifs qui par la suite sont devenus les kabbalistes, je vous
rappellerai. Donc les éléments initiatiques qui ont été injectés dans la
légende arthurienne sont très peu ou en fait pas du tout même d'origine
chrétienne. Nous vous dirions qu'il y a très peu de contenu initiatique dans la
pensée chrétienne précédant les Templiers, nous pourrions vous dire. Bien sûr
que vous pourriez trouver ce que vous qualifiez aujourd'hui de pensée
initiatique dans les premiers mouvements de la chrétienté, les tous premiers
mouvements.
Le christianisme, comme tous les autres grands courants, est né de la
conjonction de plusieurs courants initiatiques. Mais, au temps des Templiers,
ces courants qui avaient alimenté la naissance du christianisme étaient devenus
très ténus, nous pourrions dire, et les Templiers avaient dû puiser à d'autres
sources pour, d'une certaine façon, renouveler ou tenter de renouveler la
connaissance initiatique dans le christianisme.
Et ne pouvant ramener, en quelque sorte, officiellement, ouvertement
cette connaissance initiatique, ils ont dû l'insérer dans toutes les
structures, les bassins de connaissance qui étaient à leur disposition, dont
cette légende de la Table Ronde qui redevenait très populaire à ce moment là,
qui reprenait, en quelque sorte, une
nouvelle vitalité. Elle constituait déjà pour tout le monde un ensemble très
fascinant de contes, de légendes etc. qui circulait bien, même dans le peuple,
fonctionnant évidemment encore principalement par tradition orale, bien sûr,
personne ne sachant lire. Cette légende … les éléments de cette légende
circulaient dans tous les milieux, donc constituaient un véhicule privilégié
pour non seulement y conserver certaines connaissances mais les rendre disponibles
à une plus grande partie de la population, finalement.
Gérard : Lorsque
la légende circulait, le Graal n'était pas le sang du Christ à ce moment-là?
Arthur : Bien sûr, le Graal a toujours été le symbole
de la coupe. En fait pour ces gens-là, à ce moment-là, le Graal n'était pas un
symbole. Il était la coupe elle-même qui avait recueilli le sang du Christ et à
cause du caractère tellement sacré, cette coupe était cachée par des moyens
surnaturels et donc pratiquement introuvable. Le Graal en tant qu'élément de
cette légende a toujours été cette coupe. Bien.
Gérard : Nous n'avons pas d'autre question.
Peut-être avez-vous quelques mots à rajouter sur cette belle légende…?
Arthur : Nous allons plutôt en rester à ceci puisque
de toute façon, nous avons l'intention d'y revenir comme je l'ai dit
précédemment en rapport avec les familles de la conscience et en rapport avec
le processus de création actualisé par les chakras. Donc, nous ne ferons pas de
conclusion et nous allons laisser le sujet ouvert. Bien.
Alors mon ami, si
j'ai bien compris, nous concluons notre soirée avec ceci. Ce fut une excellente
séance. J'en suis fort heureux et j'espère … j'espère que ce que nous
avons donné sur la Table Ronde vous amènera plus de questions que de réponses.
J'espère. Je vous souhaite le bonsoir mon ami et à bientôt.
Gérard : Bonsoir Arthur!
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* En corrigeant
ce passage je me rends compte que toute cette explication qui me semblait si
claire et lumineuse lorsque je la recevais d'Arthur est maintenant difficile à
saisir pour moi. Et je réalise que c'est le cas pour beaucoup de concepts
amenés par Arthur.
© 2002 - 2004 Myriam Alarie - Tous droits réservés.
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