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43e Propos d'Arthur

 

24 octobre 2002

Présents Myriam (Ariel) et Gérard (Chandra)

 

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Séance consacrée principalement au symbolisme de la légende arthurienne.

Arthur terrassé.

Le sommeil d'Arthur et de Merlin.

Le vase secret et l'épée prise dans le roc.

Camelot vagabond.

Avalon, l'île aux prêtresses.

La Table Ronde.

Les Templiers et la chrétienté.

 

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Arthur :  Bien…bien. Bonjour mon ami.

 

Gérard :  Bonjour.

 

Arthur :  Alors, nous voici de nouveau au rendez-vous. J'en suis fort aise… Nous avons maintenu un rythme bien soutenu et nous avons déjà, je dirais, couvert bien des points intéressants. Nous pourrons, dans une séance future, voir ensemble le lien qu'il y a entre cette échelle des neuf chakras, comme nous avons commencé à regarder et ce qui a déjà été mentionné, les neuf familles de la conscience et également comment ceci se place dans la légende arthurienne. Comment cette légende illustre, symbolise le rôle, nous pourrions dire, des neuf familles de la conscience.

 

Nous avons mentionné le fait que le chakra du plexus solaire constitue en quelque sorte, un moment de rupture, c'est-à-dire le passage entre celui-ci et celui du cœur. Il constitue, d'une certaine façon, une rupture et de ce fait, en accord avec le rôle que tient ce centre d'énergie à l'effet que les créations, quelles qu'elles soient, trouvent ici leur place en rapport avec ce qui "existe déjà" et donc définissent, pour ainsi dire, leurs rôles dans ce vaste jeu de la création. Nous pourrions dire également que c'est ici que la conscience, définie comme étant l'ego, s'identifiera en rapport avec les objets existant au milieu desquels cet ego prendra place. Par objet nous entendons ici bien sûr tout phénomène déjà existant ou même qui existera en fonction du champ de conscience de cet ego. De cette identification découlera ce que vous avez identifié comme étant le pouvoir personnel, c'est-à-dire le degré de validité qui sera perçu, qui sera ressenti, nous pourrions dire, par cet ego; jusqu'à quel point celui-ci se sentira possédé d'une existence légitime, nous pourrions dire, dans le contexte général dans lequel il se placera, il sera placé.

 

Bien. Il n'est pas encore temps de nous déplacer vers ce qui concerne le chakra du cœur. Le moment n'est plus tellement éloigné maintenant, mais il n'est pas encore arrivé et donc nous allons continuer avec les questions que vous avez préparées et je crois bien que ce soit encore sur la légende arthurienne, d'après ce que j'ai compris. Donc, mon ami, nous allons plonger…

 

Gérard :  Bon … nous n'avons pas tout à fait épuisé tous les symboles contenus dans la légende arthurienne !

 

Arthur :  Ah non? (Dit en riant)

 

Gérard :  Bien… Alors, dans la légende, Arthur se fait terrasser par son fils Mordred. Quelle est la symbolique de cet aspect de la légende?

 

Arthur :  Arthur terrassé… Bien sûr, nous avons ici la symbolique, nous pourrions dire, du vieil ordre qui serait remplacé par le nouvel ordre. Mais c'est une symbolique que vous connaissez bien tous, que vous avez bien rendue dans plusieurs de vos cultures par bien sûr les changements des saisons. Vous pouvez également vous référer à cette vision que vous avez puisée dans l'Extrême-Orient avec le yin et le yang, le vieil ordre des choses remplacé par le nouvel ordre des choses, bien sûr. Il s'agit ici, dans la légende arthurienne, d'un élément mythologique, nous pourrions dire, appartenant à toutes les cultures, anciennes ou modernes d'ailleurs. Vous y retrouvez les symboles solaires également, soulignés presque partout par les célébrations des solstices. Vous pouvez en faire également le rapprochement avec tous les autres mythes des autres cultures de cette période. Il y a toujours eu cette conscience du rythme; nous en avons déjà parlé … l'univers est rythmé. De la même façon que la vie d'un individu sera rythmée par des phases d'expansion et de contraction, pour ainsi dire, des phases de mouvements vers l'extérieur et de retour vers soi, vers l'intérieur, vous avez effectivement, dans les peuples, le même rythme. Le vieux roi terrassé par le jeune prétendant au trône symbolise tout simplement cette phase du rythme amené à son moment maximal, nous pourrions dire, et la phase suivante prenant place.

 

Vous pourriez donc y associer également, bien sûr, toutes vos images d'un ancien âge et d'un nouvel âge. Mais cet élément du mythe n'a pas été mis en place en prévision de ce que vous appelez aujourd'hui le Nouvel Age. Cet élément du mythe existe, comme je viens de le mentionner, dans toutes les cultures. Un élément qui pourrait, pour vous, peut-être, être intéressant ici est le fait que Mordred, étant le fils issu de l'inceste, est la continuation, nous pourrions dire, pure, entière, totale de l'ancien ordre. Le nouvel ordre découlant totalement de l'ancien ordre. Cependant, je vous rappellerai que, bien qu'Arthur soit terrassé par son fils Mordred, il n'est pas tué par lui, il n'en meurt pas. Et ceci signifie que le nouvel ordre continue à se baser sur les fondations de l'ancien, se devra de continuer à puiser dans cet ancien ordre. Il n'est pas question, selon cette symbolique, de détruire totalement, complètement ce qui a été acquis durant cette phase.

 

Gérard :  Dans la légende justement, Arthur sommeille et Merlin aussi. Quelle est cette symbolique?

 

Arthur :  Bien. Ceci recoupe ce que nous venons d'amener comme vision : la connaissance traditionnelle, ancestrale qui demeure dans les fondements disponibles. Vous pourriez également amener ici le symbole du roi qui sommeille, autant que du mage, comme illustrant ces aspects de la conscience que vous avez identifiés comme étant le soi supérieur et l'aspect divin de votre être, votre être multidimensionnel (petit rire). Vous percevez ceux-ci comme étant en sommeil, alors que, en réalité (amusé) évidemment, ils sont des aspects de vous en total éveil et en quelque sorte des aspects veillant sur cet aspect de votre conscience que vous identifiez comme étant l'ego. Vous avez donc ces figures perçues comme étant supérieures, possédant de grands pouvoirs, inaccessibles, pour le moment du moins et qui se manifesteront quand les temps seront mûrs, c'est-à-dire quand vous serez prêts à non seulement devenir conscients de ces aspects de vous-mêmes mais à réintégrer, nous pourrions dire, ou plutôt à vous réintégrer à ces aspects de vous-mêmes. Vous pourriez ici assimiler le roi Arthur à cet aspect de votre conscience que vous associez au cœur et Merlin à cet aspect de votre conscience que vous assimilez à votre intelligence, à vos fonctions intellectuelles. La caverne dans laquelle dort Arthur, donc évidemment symbolisant votre cœur et le cristal dans lequel est emprisonné Merlin symbolisant votre esprit.

 

Ces deux personnages, selon leur contexte légendaire, sont inaccessibles bien sûr. Mais si vous vous mettez en quête, nous dirions, du Graal, vous trouverez Arthur et Merlin. Ils ne sont absolument pas indissociables évidemment du Graal et ils sont autant objets de cette quête que cette mythique coupe, que cet objet recherché. Dans la légende, vous avez un autre élément qui pourrait, pour vous, être d'un certain intérêt et c'est tout cet aspect des éléments secrets, des éléments cachés en rapport, nous pourrions dire, à ces éléments qui ne le sont pas. Lorsque vous cherchez le Graal, qui lui-même est un objet réputé presque inaccessible, vous avez accès facilement à Excalibur, qui elle n'est pas cachée.

 

Vous avez symboliquement, nous pourrions dire ici, l'illustration de l'importance qui est mise sur l'action, ce que vous pourriez désigner comme une importance exotérique. La place que tient un symbole comme celui-ci – le rôle que l'épée Excalibur représentant l'action – vous donne l'illustration du type de conscience que vous mettez en place de votre côté du voile, dans votre création de la dualité et le vase secret, caché, qu'est le Graal, vous donne l'illustration de votre conscience en tant qu'être – donc l'un désignant l'action, l'autre désignant l'état. Et vous avez ici donc l'illustration de ce qui vous apparaît dans un premier lieu et ce qui vous apparaîtra lors de la quête de vous-mêmes, nous pourrions dire. Ce qui vous est évident et ce qui vous est caché : l'épée et le vase. Votre association de l'épée avec vos fonctions intellectuelles, vos fonctions mentales et du vase avec vos fonctions émotionnelles est une excellente association. Et vous avez bien l'illustration ici de ce qui est mis en évidence, ce sur quoi l'importance est facilement mise, et ce qui est par contre précieux et recherché. Je vous laisse tirer les conclusions que vous voudrez bien en tirer.

 

Gérard :  Mais si le vase est caché et difficile à trouver, l'épée, elle, n'est pas cachée; mais n'est-elle pas difficile à manipuler? Elle est prise dans le roc. Quelle en est la symbolique et pourquoi seul Arthur pouvait la sortir de là?

 

Arthur :  Vous avez ici l'illustration de la clarté de l'esprit symbolisée par l'épée enfoncée dans la densité de la matière, de la terre. Le fait que seul un être au cœur pur puisse retirer cette épée du roc et qui plus est, manipuler par la suite cette épée, illustre ici la nécessité, bien sûr, pour tout individu, de savoir dégager sa pensée, son esprit des éléments plus lourds qui seraient constitués par l'avidité, la colère etc, ce que vous avez perçu comme étant les aspects négatifs de votre personnalité et de votre comportement. Cet aspect de la légende illustre simplement la nécessité de savoir dégager son esprit des éléments plus denses de votre réalité. Maintenant, un point de réflexion pour vous, qui serait intéressant, est de constater que pour extraire cette épée et la manipuler, il fallait quelqu'un au cœur pur, mais pour trouver le Graal, il faut quelqu'un au cœur pur et à l'esprit pur. Je vous laisse méditer sur ces aspects…

 

Gérard :  Est-ce que Camelot relève d'une autre réalité comme la Lémurie et l'Atlantide ? On pourrait parler aussi de l'île d'Avalon?

 

Arthur :  Nous vous dirions que Camelot relève des deux mondes, en quelque sorte. Dans ce que vous pourriez concevoir comme la dimension parallèle … hum … ce n'est pas le bon terme, ce n'est pas une dimension parallèle dans laquelle ont existé l'Atlantide et la Lémurie. Les concepts ici sont difficiles à définir : c'est en même temps et ce n'est pas une dimension parallèle. C'est une dimension qui vous concerne, qui fait partie, qui appartient en quelque sorte à la vôtre, mais en même temps, que vous pourriez aussi concevoir comme parallèle. Vous pourriez utiliser également le concept de mondes qui se chevauchent et encore une fois sans que ce concept rende vraiment ce dont il s'agit en réalité*. Et de la même façon que l'Atlantide et la Lémurie ont fait partie de votre monde, Camelot a aussi fait partie de votre monde, appartenant d'ailleurs à la même dimension que ce que vous appelez aujourd'hui l'Atlantide. Ils se sont, en quelque sorte … comment vous dire … ils ont existé sur un même plan et ils sont la continuation, nous pourrions dire, l'un de l'autre, si nous les plaçons sur la ligne de temps linéaire.

 

Dans cette optique, Camelot est la continuation, l'une des suites de l'Atlantide, l'un des points, l'un des centres qui ont survécu, en quelque sorte, à la chute de ce monde que vous désignez aujourd'hui comme l'Atlantide. Vous savez bien qu'avant de disparaître de vos dimensions, ce monde avait ancré dans le vôtre plusieurs … hum … ce que vous pourriez appeler des points de chute de leur propre civilisation, en quelque sorte, de leur propre monde. Il est important ici de spécifier d'ailleurs que ce monde que vous appelez l'Atlantide ne s'est pas effondré. C'est un plan de réalité qui s'est petit à petit séparé de votre plan. Ce que vous avez perçu comme un effondrement a plutôt été le moment définitif de séparation, en quelque sorte, d'avec votre plan.

 

Camelot, au même titre que plusieurs autres points de la planète, plusieurs endroits de votre planète, de votre dimension, constitue l'un de ces points de chute de ce monde qu'est l'Atlantide, l'un des centres où ont été déposés, nous pourrions dire, certains aspects de la connaissance gardés en réserve. Il se situe en parallèle aux autres endroits de votre dimension, de votre planète, où sont gardés de la même façon d'autres aspects de la connaissance, par exemple comme en Égypte, comme dans certains endroits de l'Amérique du Sud, de l'Amérique Centrale, certains autres endroits de l'Amérique du Nord également. Comme plusieurs autres endroits, Camelot appartient aux deux mondes, appartient aux deux dimensions. En quelque sorte il est un lieu de passage, nous pourrions dire, et de conservation de cette connaissance. Sa localisation physique a toujours changé et continue de changer de place car c'est un "lieu" ne pouvant exister qu'à partir de certaines conditions énergétiques de cette terre dans laquelle il existe. Je peux vous dire qu'il se déplace toujours à l'intérieur de cette grande île que vous identifiez comme étant la Grande Bretagne, mais vous ne le trouverez jamais au même endroit. Lorsque je dis jamais, évidemment je sous-entends quand même d'assez longues périodes de temps, plusieurs années à la fois. Mais c'est un lieu qui se déplace toujours. Autant il vous sera possible de trouver définitivement où se situait l'Atlantide, autant vous aurez de la difficulté à situer historiquement ce lieu que vous nommez Camelot, à cause de cette nécessité de déplacement.

 

Maintenant, je vous dirais que ce lieu existe encore(petit rire). Il est encore actif en termes de ce que nous vous disions, du passage entre les dimensions et l'information continue de circuler par son entremise. Mais il fut une époque où, bien sûr, son existence était beaucoup plus perceptible qu'elle ne l'est maintenant. Ceci est dû principalement à deux facteurs : d'abord le fait que vous vous soyez assignés avec autant de conviction, nous pourrions dire, (amusé) à rejeter l'existence de ce type de phénomène vous en rend la perception extrêmement difficile mais également le fait que, pendant longtemps, ces deux plans sur lesquels il existait étaient très peu en phase – le vôtre et le plan sur lequel existent ces autres mondes que vous connaissez. Petit à petit, ces plans retrouvent une certaine concordance, se remettent lentement en phase, ce qui vous permettra de percevoir beaucoup mieux l'existence de ces mondes. Donc voici pour Camelot.

 

Maintenant en ce qui concerne l'île d'Avalon, cet endroit peut facilement être qualifié d'un lieu historique, dans ce sens que cet endroit a toujours existé sur votre dimension. Ce n'est pas un lieu appartenant à cet autre plan dont nous parlions. Il fut l'un des lieux les plus importants de cette culture mais comme beaucoup de lieux qui ont eu leur importance durant vos sociétés matriarcales, il n'en demeure rien en termes d'architecture etc.… car les valeurs étaient mises sur l'expérience humaine proprement dite plutôt que sur les produits de cette expérience. Dans l'île d'Avalon on y travaillait entre autres beaucoup la science du rêve et bien sûr, bien sûr, la science des plantes et des cristaux. La connaissance du domaine de la guérison était très grande, très profonde dans l'île d'Avalon. Mais encore une fois … nous dirions … les prêtresses de l'île d'Avalon ont changé de lieu elles-mêmes à plusieurs reprises. Elles ne sont pas toujours restées dans le même lieu physique. Selon les époques, selon les périodes, nous pourrions dire les différentes périodes politiques, elles ont changé de place.

 

Donc, encore une fois, vous ne pourrez pas trouver un lieu définitif désigné comme étant cette fameuse île d'Avalon. Il fut même une période où elles ont été installées, nous pourrions dire, sur le continent. Nous pourrions vous dire également que cette île a pris cette importance dans la mythologie celte du fait que toute la connaissance était en réalité détenue par ces prêtresses … par ce que vous appelleriez aujourd'hui un collège d'initiées peut-être. C'était leur rôle de former tous les individus, hommes ou femmes,  qui auraient, de près ou de loin, un rôle important à jouer dans leur culture: les druides, les bardes, les hommes et les femmes ayant détenu des rôles politiques importants, des chefs de clan ont reçu une partie de leur formation par ces femmes, directement ou indirectement. Elles étaient les gardiennes de la connaissance dans cette culture, à l'origine même de la connaissance druidique d'ailleurs. Bien.

 

Gérard :  La Dame du Lac, son rôle et ce qu'elle symbolise? Elle aurait formé Lancelot?

 

Arthur :  Eh bien voilà, nous venons de parler de la Dame du Lac. La Dame du Lac, bien sûr,  représente, dans la légende, les femmes de l'île d'Avalon et vous avez ici, bien sûr, l'illustration de ce que nous venons de vous dire avec l'épée Excalibur, donc la connaissance possédée par ces femmes et le rôle d'initiatrices que ces femmes avaient. Car ce n'est que par le pouvoir même de la Dame du Lac qu'Arthur peut devenir roi, non seulement en extrayant ainsi l'épée du roc, donc en performant, nous pourrions dire, la première initiation mais aussi en se pliant, en quelque sorte, à la période de formation qui s'ensuit avec elle et à la dernière initiation celle qui le fera roi … qui se fera au sein même de leur confrérie, nous pourrions dire. Ce n'est qu'en se pliant aux exigences de ce rituel, qui pourrait lui coûter la vie d'ailleurs, qu'Arthur pourra devenir roi. Donc nous avons ici une des illustrations du pouvoir que ces femmes avaient dans cette culture. Bien.

 

Gérard :  J'aimerais connaître la symbolique du Roi Pêcheur?

 

Arthur :  Le Roi Pêcheur est un élément purement légendaire issu des éléments culturels, en quelque sorte, des peuples qui ont précédé l'arrivée des Celtes et il symbolise principalement, nous pourrions dire ici, dans le cadre de cette légende, la pérennité de la connaissance. Mais également, considéré en soi, il peut constituer un symbole assez riche mais qui, cependant, ne concerne pas vraiment notre propos car il se place très peu dans la légende arthurienne elle-même et dans le cadre de ce que nous étudions en quelque sorte actuellement. Il se pourrait qu'il devienne pertinent à un autre moment de considérer ce symbole, mais pour l'instant, il se place très peu dans ce qui nous concerne.

 

Gérard :  Parfait, alors un dernier symbole : la Table Ronde?

 

Arthur :  Ha! La fameuse Table Ronde! Et je me demandais bien si elle allait surgir cette Table Ronde qui, quand même, est un élément central à toute cette légende, bien sûr. Et fait intéressant, je vous ferai remarquer que cette Table Ronde vient, encore une fois, par le biais des femmes. Elle est représentative, nous dirions, des impératifs d'unité, d'union, mais bien sûr vous en connaissez vous-mêmes parfaitement bien la portée, la signification : le lieu de rassemblement, le lieu d'union, le lieu où l'unité devenait possible. Ce que vous avez vous-mêmes d'ailleurs souligné à l'effet qu'il ne pouvait y avoir autour de cette table d'endroit plus significatif qu'un autre endroit : tous les endroits, tous les sièges autour de cette table avaient la même valeur. Donc, vous aviez ici la disparition des valeurs hiérarchiques. Alors, lorsque le roi et ses chevaliers se retrouvaient autour de cette table, ils avaient tous la même position sociale, nous pourrions dire. Ceci d'ailleurs vous indique bien à quel point cette notion de royauté existait peu dans cette culture, à quel point elle était circonstancielle. Et il vous est très facile à vous-mêmes de reprendre ce symbole et de l'appliquer à vos propres expériences, bien sûr … à projeter ce symbole dans ce que vous tentez de créer maintenant. Vous n'avez pas besoin de grandes dissertations sur ce symbole. Bien.

 

Gérard :  J'aimerais conclure par deux choses. D'abord peut-être un mot sur comment tout ceci est venu au monde. Il y a eu un Arthur druide et une histoire qui s'est créée autour de ça; il y a eu les Templiers. Donc j'aimerais entendre parler de l'historique de la légende et du rôle des Templiers dans cette légende.

 

Arthur :  Bien. Je vais vous préciser que les Templiers n'ont pas construit cette légende, ils n'ont pas fait cette légende. Les Templiers ont à voir bien sûr avec ce que vous connaissez aujourd'hui, mais ils n'ont rien à voir avec la légende ou avec la construction de cette légende. Comme chez tous les peuples, quels qu'ils soient, cette légende s'est construite elle-même petit à petit, au fil de ce que ce peuple expérimentait, que ce peuple créait. Et cette légende illustre le vécu de ce peuple, la création de ce peuple. Donc, évidemment, elle s'est construite … comment nous dirions … elle est l'expression de la vie de ce peuple, comme toutes les grandes légendes de ce type, comme toutes les mythologies. Donc, elle est comme pour les autres, nous dirions, l'expression historique … ce qui pourrait être conçu comme l'expression historique de la vie de ce peuple, à plus forte raison évidemment lorsqu'il s'agit de tradition orale et donc de la nécessité de préserver, jusqu'à un certain point, la connaissance de l'histoire de ce peuple. Ce que les Templiers ont fait a été de reprendre certains éléments de cette légende et de les reformuler d'une certaine façon de telle sorte que ces éléments qui sont soit des personnages, soit des événements ou qui sont des éléments eux-mêmes de la légende, comme la quête du Graal – donc des éléments de la légende remaniés ou encore étoffés, parfois modifiés par les Templiers et leurs successeurs. Mais les Templiers n'ont pas imaginé cette légende, n'y ont pas donné naissance, c'est impossible;  une légende comme celle-ci – c'est plus qu'une légende d'ailleurs – vient au monde, pour ainsi dire, avec le peuple, avec un peuple et constitue l'expression même de ce peuple. Aucun organisme ne pourrait, nous pourrions dire, presque artificiellement donner naissance à une légende comme celle-ci.

 

Gérard :  Tantôt, en parlant d'éléments modifiés, j'ai pensé que Merlin, qui était dans la légende le fils des forces de la Nature, sous les traits des Templiers, serait devenu le fils du diable, les Templiers étant chrétiens.

 

Arthur :  Ce ne  sont pas les Templiers du tout qui en ont fait le fils du diable, ce sont en grande partie oui les chrétiens, mais cette vision est tardive. Les Templiers, bien que chrétiens, détenaient leurs connaissances initiatiques, comme vous le concevez maintenant, aujourd'hui, principalement des juifs et des arabes, qui étaient loin d'être chrétiens eux-mêmes et des juifs qui par la suite sont devenus les kabbalistes, je vous rappellerai. Donc les éléments initiatiques qui ont été injectés dans la légende arthurienne sont très peu ou en fait pas du tout même d'origine chrétienne. Nous vous dirions qu'il y a très peu de contenu initiatique dans la pensée chrétienne précédant les Templiers, nous pourrions vous dire. Bien sûr que vous pourriez trouver ce que vous qualifiez aujourd'hui de pensée initiatique dans les premiers mouvements de la chrétienté, les tous premiers mouvements.

 

Le christianisme, comme tous les autres grands courants, est né de la conjonction de plusieurs courants initiatiques. Mais, au temps des Templiers, ces courants qui avaient alimenté la naissance du christianisme étaient devenus très ténus, nous pourrions dire, et les Templiers avaient dû puiser à d'autres sources pour, d'une certaine façon, renouveler ou tenter de renouveler la connaissance initiatique dans le christianisme.  Et ne pouvant ramener, en quelque sorte, officiellement, ouvertement cette connaissance initiatique, ils ont dû l'insérer dans toutes les structures, les bassins de connaissance qui étaient à leur disposition, dont cette légende de la Table Ronde qui redevenait très populaire à ce moment là, qui reprenait, en quelque sorte,  une nouvelle vitalité. Elle constituait déjà pour tout le monde un ensemble très fascinant de contes, de légendes etc. qui circulait bien, même dans le peuple, fonctionnant évidemment encore principalement par tradition orale, bien sûr, personne ne sachant lire. Cette légende … les éléments de cette légende circulaient dans tous les milieux, donc constituaient un véhicule privilégié pour non seulement y conserver certaines connaissances mais les rendre disponibles à une plus grande partie de la population, finalement.

 

Gérard :  Lorsque la légende circulait, le Graal n'était pas le sang du Christ à ce moment-là?

 

Arthur :  Bien sûr, le Graal a toujours été le symbole de la coupe. En fait pour ces gens-là, à ce moment-là, le Graal n'était pas un symbole. Il était la coupe elle-même qui avait recueilli le sang du Christ et à cause du caractère tellement sacré, cette coupe était cachée par des moyens surnaturels et donc pratiquement introuvable. Le Graal en tant qu'élément de cette légende a toujours été cette coupe. Bien.

 

Gérard  :  Nous n'avons pas d'autre question. Peut-être avez-vous quelques mots à rajouter sur cette belle légende…?

 

Arthur :  Nous allons plutôt en rester à ceci puisque de toute façon, nous avons l'intention d'y revenir comme je l'ai dit précédemment en rapport avec les familles de la conscience et en rapport avec le processus de création actualisé par les chakras. Donc, nous ne ferons pas de conclusion et nous allons laisser le sujet ouvert. Bien.

 

Alors mon ami, si j'ai bien compris, nous concluons notre soirée avec ceci. Ce fut une excellente séance. J'en suis fort heureux et j'espère … j'espère que ce que nous avons donné sur la Table Ronde vous amènera plus de questions que de réponses. J'espère. Je vous souhaite le bonsoir mon ami et à bientôt.

 

Gérard :  Bonsoir Arthur!

 

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* En corrigeant ce passage je me rends compte que toute cette explication qui me semblait si claire et lumineuse lorsque je la recevais d'Arthur est maintenant difficile à saisir pour moi. Et je réalise que c'est le cas pour beaucoup de concepts amenés par Arthur.

 

 

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