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110e Propos d'Arthur

6 octobre 2004

Présents Myriam (Ariel) et Robert

 

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Pensée, imagination et temps.

Caractérisation du focus par rapport à l’essence.

Analogie du prisme.

Approfondissement du thème de l’illusion de la séparation dans notre vision dualiste.

 

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Arthur :  Bien ! Alors mon ami, je vous salue !

 

Robert :  Bonjour.

 

Arthur :  Bien le bonjour, et comment vous portez-vous ?(Rire)

 

Robert :  Je me porte très bien et en même temps je suis un peu désarçonné parce que c'est la première fois que je fais une telle expérience alors... et en même temps je suis très heureux parce que je connais bien Myriam maintenant et je suis très confiant.

 

Arthur :  Bien ! Mais laissez-moi vous dire, mon ami, (rire) que vous êtes quelqu'un, finalement, très habitué à la communication et nous pourrions dire que celle-ci, n'est-ce pas, n'est pas vraiment différente de celles auxquelles vous êtes habitué si ce n'est, bien sûr, qu'un jeu d'apparence, n'est-ce pas ? Et donc nous espérons grandement que vous établirez cette communication comme vous le faites avec un bon ami, n'est-ce pas, plutôt qu'un maître apprenti, nous pourrions dire ! (rire)

 

Robert :  Ça me fait grand plaisir d'entendre cela et j'espère pouvoir travailler dans une perspective de meilleure compréhension de ce que je souhaite approfondir avec vous aujourd'hui.

 

Arthur :  Ceci devrait effectivement  pouvoir se produire, bien sûr, selon vos choix et selon ce que vous allez créer, bien sûr.

 

Robert :  Oui, je suis bien conscient de créer ma propre réalité. En fait j'en suis conscient et en même temps, pour avoir lu vos communications, de même que celles d'Elias, de Seth, je suis très conscient que je crée ma réalité mais en même temps je réalise que je n'ai pas une entière compréhension de tous les mécanismes avec lesquels on travaille quand on crée la réalité.

 

On la crée mais à partir du moment où on la crée c'est comme si elle nous échappait et on a parfois l'impression qu'on crée des réalités qu'on ne voudrait pas vraiment créer. Alors c'est un aspect de la question que je veux approfondir avec vous et à mesure qu'on va avancer on va probablement trouver d'autres aspects.

 

Arthur :  ha ha ha! Cette question de la création est bien sûr peut-être celle qui a le plus occupé l'esprit humain, si nous pouvons dire ainsi, depuis même les débuts de son existence, en quelque sorte, puisque vous êtes tous des créateurs extrêmement puissants, nous pourrions dire, extrêmement expressifs également ... pour utiliser une imagerie qui vous est familière, nous pourrions dire que ce n'est pas l'imagination qui vous manque, bien que vous jugiez cette imagination d'une bien pauvre façon, bien sûr.

 

Robert :  L'imagination est de qui ? La création de la réalité ?

 

Arthur :  Nous pourrions dire que votre imagination est, en quelque sorte, un mode de création et certainement le mode le plus efficace, surtout lorsque vous apprenez à jouer avec et à vous faire confiance en regard de ce mode de création.

 

Pour l'instant, pour la grande majorité d'entre vous, l'imagination est un pauvre produit de votre mental qui ne sait que vous égarer, nous pourrions dire, dans ces avenues tout à fait irréelles et irréalistes de la pensée, et qui vous fait perdre votre temps et peut-être parfois vous amuse... peut-être !

 

Robert :  Est-ce que la pensée est inutile ? Est-ce que l'on doit comprendre ça comme ça ?

 

Arthur :  Dites-moi, mon ami, ce que vous entendez personnellement par pensée ?

 

Robert :  Eh bien c'est l'aptitude à pouvoir énoncer des idées, des concepts, des mots, des phrases de façon que l'on pourrait juger cohérentes, de décrire un peu notre réalité. Mais je suis un peu intéressé aujourd'hui par cette question qui me préoccupait dès le départ, en venant vous voir, sur peut-être faire évoluer cette aptitude à penser, c'est à dire la faire passer à un autre niveau, peut-être accéder à des niveaux du supra conscient, du supra mental, de façon à ce qu'on puisse avoir une meilleure connexion avec l'imagination dont vous avez dit tout à l'heure qu'elle était parfois un peu débridée.

 

Arthur :  Nous n'avons pas dit qu'elle était débridée. Nous avons dit que parfois vous trouviez qu'elle était débridée. Et nous pouvons même rajouter que vous la craignez justement, parfois, à cet effet. Maintenant, nous pourrions dire que d'abord ce que nous pouvons entendre par processus de pensée ou processus mental est tout simplement un processus d'interprétations, dans le meilleurs des cas de traductions, des échanges, des communications se produisant finalement entre ce que vous percevez comme le monde intérieur et le monde extérieur, autrement dit votre monde subjectif et votre monde objectif.

 

Robert :  Donc il y a un écart entre les deux. Ce qui me ramène à l'imagination, ce que je perçois comme un écart entre l'imagination et la réalité dite objective, qui est le résultat de cette imagination, non pas la seule imagination de moi, mais l'imagination de toute l'humanité qui crée cette réalité qui se déploie devant nous, autour de nous. Mais il n'en demeure pas moins qu'il semble y avoir un écart entre le moment où on imagine quelque chose et le moment où on le voit projeté à la surface et c'est peut-être dû au fait que notre attitude à penser est malheureusement imparfaite...

 

Arthur :  Bien. Ce que vous entendez par écart, vous entendez laps de temps entre le moment où vous imaginez et le moment où cette imagination se manifeste en création objective. C'est bien ça ?

 

Robert :  Oui.

 

Arthur :  Un laps de temps. Mais ce laps de temps, vous le créez à l'intérieur même de ce processus d'imagination. Si vous prêtez attention étroitement à ces moments spécifiques d'imagination, vous rentrez dedans en quelque sorte ... comment dirions-nous ... si vous portez étroitement attention à vous-même...

 

Robert :  En train d'imaginer ?

 

Arthur :  Au moment, oui ... des moments spécifiques – parce que nous voulons souligner que vous êtes continuellement en processus d'imagination, que vous vous en rendiez compte ou non, vous êtes sans cesse en processus d'imagination puisque vous utilisez ce mode pour créer votre réalité ... l'un des modes, bien sûr, parce que l'imagination n'est pas le seul que vous pouvez utiliser à cette fin.

 

Mais si vous entrez plus précisément dans un moment où vous le faites plus consciemment, que vous portez votre attention étroitement sur vous-mêmes pendant ce moment, vous allez constater que vous introduisez presque toujours cet élément du temps dans ce que vous imaginez et que vous désirez projeter vers le monde extérieur, vers le monde objectif.

 

Si par exemple, vous imaginez un événement, quelle que soit sa nature, que vous le jugiez positif ou négatif, agréable ou non, peu importe, vous allez toujours ou presque toujours l'imaginer pour un moment futur. Vous allez presque toujours incorporer cet élément du futur dans ce que vous imaginez. Il vous arrive même également d'incorporer dans cette imagerie (petit rire) des éléments du passé, puisque vous prêtez existence à ce passé que vous croyez exister encore.

 

Robert :  Cela veut dire qu'en faisant ça, je repousse la réalisation devant moi, plutôt que de lui permettre de s'incarner dans l'immédiat ? (rire d'Arthur accompagnant ce propos)

 

Arthur :  Vous êtes des consciences s'étant posées comme paramètre de base, en quelque sorte, cet impératif du temps linéaire, ce qui fait que vous l'incorporez dans tous vos processus et toutes vos imageries de création et il vous arrive très rarement de concevoir votre imagerie purement et simplement dans le moment présent. Ceci se produit très rarement.

 

Ce qui fait que, oui, effectivement, vous incorporez à peu près toujours un délai dans le processus de création et nous pourrions dire que (rire) étant donnés le monde et la dimension que vous avez créés pour vous et toute sa complexité, il vous serait pour l'instant encore très difficile d'assumer ce que nous pourrions qualifier de création spontanée, n'est-ce pas. Il vous faut apprendre à placer d'abord, bien sûr, votre attention dans le présent.

 

Robert :  Est-ce que je dois comprendre dans le sens où le présent étant ma création, le présent devient ma création spontanée à partir du moment où je m'incarne dedans pleinement ?

 

Arthur :  Le présent n'est pas votre création. Le présent est ... donnez-moi quelques instants ... en réalité vous créez uniquement, évidemment, à partir du présent. Mais à partir du présent vous créez, entre autres, le passé et le futur, vous ne créez pas le présent. Le présent ... comment dirions-nous ... le présent c'est lorsque vous êtes et que vous êtes conscients que vous êtes, dans votre entièreté, au moment de cette conscience. Nous saisissez-vous ? C'est extrêmement difficile à rendre.

 

Robert :  Je comprends que je suis conscient du présent et quand je m'incarne dans cette conscience-là dans l'immédiat...

 

Arthur :  Vous ne pouvez être présents en étant conscients du présent, parce qu'ainsi vous placez encore une fois ce présent à l'extérieur de vous ou encore, vous le concevez un peu comme un but à atteindre, presque à la façon d'un endroit ...

 

Robert :  C'est ce que j'allais dire !

 

Arthur :  ... à atteindre et donc vous ne pouvez être au présent de cette façon. La seule façon où cela vous est possible est de sentir que vous êtes ici et maintenant, que vous êtes vous... comment dirions-nous ... sentir la validité de qui vous êtes dans son entièreté, donc avec ses propres processus de pensées, ses propres communications émotionnelles, ses propres processus créatifs...

 

Robert :   Est-ce que je pourrais dire ma spécificité dans le tout ?

 

Arthur :  Peut-être, peut-être à la condition que vous conceviez que cette spécificité est une expression du tout et non une particularité totalement séparée et différente du tout.

 

Robert :  Est-ce que par analogie le focus  est dans la même situation par rapport à l'essence ?

 

Arthur :  C'est-à-dire?

 

Robert :  Le focus étant une émanation de l'essence, donc un élément spécifique d'une essence qui, elle, incarne une plus grande vastitude, si je peux dire...

 

Arthur :  L'essence, mon ami, est dans un présent perpétuel, puisqu'elle est, et qu'elle est consciente d'être, pleinement, et cette conscience est en même temps simultanément la conscience de Tout Ce Qui Est. Comment dirions-nous ... l'essence ne possède pas cette notion, nous pourrions dire, ce concept d'être en unité avec le tout puisqu'elle l'est et qu'elle ne se situe pas, elle-même, dans un...

 

Robert :  Elle n'a pas un caractère distinct.

 

Arthur :  Oui, elle possède un caractère distinct, elle possède, en quelque sorte, la conscience d'être une expression du tout mais d'être elle-même également le tout.

 

Robert :  Ce qui n'est pas le cas du focus, qui est, lui, condamné à sa spécificité...

 

Arthur :  Mais elle produit cette illusion du focus (rire) pour produire cette particularité de conscience de se sentir différent, de se sentir autre chose qu'elle-même, et donc autre chose que Tout Ce Qui Est. Ce qui bien sûr est en apparence un paradoxe et totalement illusoire.

 

Le focus est l'essence, il n'est pas un produit qui se séparerait à un moment de son évolution, de sa création, de cette essence et qui évoluerait sur des avenues totalement différentes et départies, finalement, de cette essence. Le focus est l'essence mais nous pouvons également dire que le focus est l'illusion de ne pas être l'essence et ainsi d'être différent, d'être une entité finalement différente de l'essence.

 

Robert :  Est-ce que le focus peut arriver à réintégrer l'essence, parce que en fait cette illusion-là, au départ consiste à se sentir le plus séparé possible pour finalement en venir à croire à l'illusion que nous sommes distincts. Mais est-ce que le focus peut par une démarche, combattre cette illusion-là ou la neutraliser, ou l'éliminer pour revenir dans un état de conscience où il pourrait à la fois accroître sa conception de l'essence, de devenir davantage conscient des autres focus, qui sont émanés de cette essence-là, tout en conservant, si je peux dire, son caractère distinct.

 

Arthur :  Mon cher ami, tout le processus que vous décrivez maintenant est un processus se produisant essentiellement dans un cadre de dualité. Si le focus combat quoi que ce soit, s'il tente d'éliminer, ou encore de nier, peu importe, il continue à se positionner lui-même dans une position dualiste et il perpétue ainsi la dynamique qui préside finalement à son existence de focus et qui maintient cet état de vis-à-vis avec l'essence. Donc de cette façon il lui est impossible d'arriver à une conscience claire de cette essence et à plus forte raison d'opérer un processus d'intégration, quel qu'il soit.

 

Bien, maintenant le focus ne peut pas intégrer l'essence, le focus est l'essence, pleinement, totalement, le focus est l'essence. Le focus, si vous portez attention à ce mot même, à cette notion de focalisation, vous réaliserez tout de suite que ce que vous percevez comme étant votre incarnation personnelle ou votre personnalité...

 

Robert :  mon caractère distinct...

 

Arthur :  Votre caractère distinct, votre particularité de conscience est en fait, en réalité, une expression extrêmement focalisée de l'essence et donc par le fait même ne peut être séparé ou différent de cette essence.

 

Robert :  Nous y sommes déjà ?

 

Arthur :  Vous êtes une expression, tout simplement, de cette essence, vous êtes une expression de la vision, nous pourrions dire aussi, de l'essence, vous êtes une expression du champ de conscience de l'essence extrêmement focalisée, de sorte que l'essence arrive à la capacité, en quelque sorte, d'opérer ou en tout cas, a l'illusion de n'opérer que sur cette dimension dans laquelle elle a projeté, en quelque sorte, son faisceau d'attention.

 

Imaginez que l'attention de l'essence serait comme un rayon, finalement, comme un rayon lumineux, mettons, qui serait projeté dans une direction x et à la station la plus concentrée possible et donc la plus étroite possible, un peu à la façon du rayonnement laser, finalement. Imaginez que ce rayonnement soit tellement concentré qu'il ne pourrait illuminer, si nous pouvons le dire ainsi, quoi que ce soit de l'environnement où il se produit.

 

En continuant cette analogie, nous pourrions dire que le focus, ce que nous appelons ici le focus, serait ce point de contact très spécifique du rayon laser avec l'objet qu'il rencontre et la lumière tout à fait particulière et également circonscrite à ce point de rencontre, circonscrite même de façon extrêmement étroite à ce point de rencontre et que, ce faisant, ce serait comme s'il ne donnait, en quelque sorte, réalité qu'à ce point de rencontre.

 

Par contre l'opérateur du rayon laser, bien sûr, sait pertinemment que la réalité de tout ce phénomène est extrêmement plus vaste, comporte beaucoup de ... ce que nous pourrions appeler des couches perceptuelles, oui nous savons, ça n'existe pas dans vos langues – nous inventons cette notion – il est conscient des différentes couches conceptuelles et perceptuelles rendant possibles ce minuscule point de contact du rayon avec l'objet sur lequel il est dirigé.

 

Vous pourriez continuer de cette façon, bien sûr, (petit rire) et aller au-delà de l'opérateur de tout cet appareillage, dans un complexe qui l'englobe et qui comporte donc encore plus de couches dimensionnelles, finalement, et ceci à l'infini. Bien sûr tout ceci en tenant compte, dans cette analogie, du fait que nous devions placer cette analogie dans un contexte d'espace-temps, évidemment.

 

Robert :  Ce qui veut dire que pour le focus, la seule option de pouvoir accéder à la conscience de l'essence, est de réintégrer l'essence, donc le grain de sel se dissout dans l'océan.

 

Arthur :  Nous pourrions dire... nous pourrions en fait utiliser l'une de vos images de vos déplacements et vous dire qu'il vous faut en quelque sorte opérer un demi-tour (rire des deux). Vous êtes une projection ou encore vous vous percevez finalement à des niveaux à peine subliminaux comme étant vous-mêmes une projection de l'essence, comme si vous étiez totalement propulsés dans vos dimensions par l'essence.

 

Donc, d'une certaine façon, vous possédez cette imagerie d'être continuellement en processus d'éloignement de cette essence et de perte de contact, finalement. Vous illustrez, entre autres, fort joliment cette perception que vous avez de vous-mêmes en rapport avec votre essence par votre théorie du big bang original, (petit rire d'Arthur de son lapsus) originel, original aussi...

 

Vous vous percevez donc comme étant, par un quelconque processus, produits dans les marmites bouillonnantes de l'essence et extraits de ces marmites de création et projetés vers l'extérieur vers ce que vous concevez comme étant le monde objectif et en processus perpétuel d'éloignement de cette essence. (beaucoup d'amusement en disant ce qui précède)

 

Robert :  Comment le focus est-il créé par l'essence ?

 

Arthur :  Il n'est pas créé par l'essence !  C'est comme si vous disiez que vous observez un objet, vous observez votre main et que vous créez le regard qui observe cette main, que vous créez l'attention qui est dirigée vers cette main. Cette attention est vous, vous ne créez pas votre attention, cette attention est vous, elle est votre conscience dirigée vers l'objet choisi.

 

Cet objet choisi, s'il se situe à l'extérieur de vous, dans ce que vous concevez comme le monde objectif, si votre attention est dirigée de cette façon, vous perpétuez ce sentiment, cette illusion d'être créés par l'essence et d'être projetés vers le monde objectif par l'essence.

 

Robert :  Alors vous dites qu'il faut faire un demi-tour ?

 

Arthur :  Si vous faites le demi-tour, c'est-à-dire, si vous amenez votre attention à revenir vers vous, vers votre monde subjectif, vers vos propres processus de création par le biais de votre imagination, entre autres, vous revenez vers la conscience, votre conscience, non pas que vous êtes un produit de l'essence, mais vous êtes l'essence. Vous êtes totalement, de façon parfaitement valide, votre essence. Il ne peut en être autrement, c'est impossible qu'il en soit autrement.

 

De la même façon que votre processus d'attention vers un objet du monde objectif est finalement vous en projection, en quelque sorte, dans ce monde objectif, de la même façon vous-mêmes vous êtes une projection de votre essence, une projection de la conscience, une projection de l'attention de cette essence.

 

Robert :  Il y a une création qui se déploie devant nous, qu'elle soit en nous, ou à l'extérieur de nous, avec illusion,  mais il n'en demeure pas moins que je perçois cette création-là qui est constituée d'animaux, de végétaux, d'édifices, de corps stellaires, de toutes sortes de choses ...

 

Arthur :  Votre monde objectif, finalement !

 

Robert :  Voilà ! Et il semble y avoir des processus de création qui sont à l'oeuvre qui m'apparaissent très intéressants à mieux comprendre, à mieux cerner, par exemple le processus qui fait qu'on crée des animaux, une lignée d'animaux par exemple, ou le processus qui fait qu'on crée des êtres humains, on le connaît bien celui-là, un à un. Mais il n'en demeure pas moins qu'il y en a comme des moules ou des plans. Des plans semences ...

 

Alors si je prends la semence d'un arbre, un pin, ça va toujours donner un pin, avec quelques variantes, bien sûr, d'un arbre à l'autre, mais ça sera toujours un pin. Une semence de pin ne deviendra pas un éléphant, etc. Elle va garder sa spécificité. Ce que j'aime et ce que je veux mieux approfondir est comment ce processus de création s'enclenche ?

 

Seth disait que le processus de création entre le niveau un et le deux, entre le monde objectif et le monde subliminal, si je peux dire, est constant. La création n'a pas commencé au Big Bang, j'aimais bien son idée ... la création est toujours en train de se déployer, toujours en train d'arriver.

 

Mais en même temps, du point de vue du focus, on a un peu l'impression que beaucoup d'aspects de la création nous échappent. Non pas que je ne l'accepte pas, mais en même temps c'est comme un désir de mieux le comprendre, de pouvoir mieux manœuvrer à l'intérieur de ce processus de création. Est-ce qu'il y a des zones de connaissance auxquelles on peut accéder ?

 

Arthur :  Bien. Nous pourrions vous dire que, en soi, étant vous-mêmes l'essence et que en tant qu'essence étant le Tout, vous avez accès à tous les niveaux de connaissance. Mais vous avez créé ces dimensions à partir d'impératifs spécifiques, vous avez basé ces dimensions sur des impératifs bien spécifiques et conditionné l'existence de ces dimensions sur ces données qui sont les systèmes de croyances.

 

Donc pour expérimenter sur ces dimensions, vous devez tenir compte à tout instant de ce tissu constitué par les systèmes de croyances et finalement qui constitue la trame de vos dimensions mêmes. Donc du fait que vous êtes positionnés de la sorte à l'intérieur de cet ensemble conceptuel que sont les systèmes de croyances, vous ne pouvez accéder directement à la compréhension de ces processus. Nous pourrions dire également que ...

 

Robert :  Donc j'ai un accès à tout, mais c'est un accès théorique. J'ai comme ...

 

Arthur :  Non ! Vous pouvez avoir un accès réel, nous pourrions dire, à toute la connaissance, et ceci à tout moment à la condition de cesser de jouer à ce jeu du focus versus l'essence. Par le biais de votre conscience essentielle, vous avez accès à toute la connaissance. Par le biais de votre conscience focale vous avez accès au bassin de connaissances filtrées et limitées par les systèmes de croyances.

 

En tant que consciences focales, vous ne pouvez faire autrement que de comprendre les choses qu'à travers ce tissu de systèmes de croyances, ce que nous avons qualifié, nous et bien d'autres, du voile. Et en tant que consciences focales vous ne pouvez finalement écarter ce voile, puisque l'identité même de la conscience focale se maintient par l'existence, même si elle est illusoire, de ce voile. Donc...

 

Robert :  Ce qui veut dire que le croyant n'ira jamais au ciel s'il continue à affirmer Dieu.

 

Arthur :  Le croyant ira au ciel ou en enfer, puisqu'il croit au ciel ou à l'enfer, et le croyant pourra également rencontrer Dieu, puisqu'il croit qu'il y a un Dieu. Ce sera son Ciel ou son Enfer et il rencontrera son Dieu qui finalement, bien sûr, sera lui-même dans sa dimension la plus vaste, nous pourrions dire.

 

Robert :  Donc, si je comprends bien, le focus perpétue le voile en continuant à s'affirmer focus face à l'essence.

 

Arthur :  En perpétuant sa conscience de la dualité, mais comme la dualité n'existe pas, ce que le focus fait, c'est de perpétuer une illusion, une histoire qu'il se raconte à lui-même, qu'il se crée pour lui-même. C'est par le maintien de la dualité que le focus maintient sa séparation de l'essence, en fait son sentiment d'être différent de l'essence.

 

Robert :  C'est un jeu de prismes, essentiellement.

 

Arthur :  De quelle façon, mon ami, vous l'entendez?

 

Robert :  Ben un prisme décompose la lumière, alors le focus, pour réduire ou atténuer le voile, ou l'éliminer peut-être mieux se concevoir comme un prisme qui spécialise certains rayons de lumière.

 

Arthur :  Bien, nous pourrions dire en fait, pour utiliser cette analogie du prisme, que l'essence serait le prisme, en quelque sorte, serait le mécanisme qui  projetterait ou diffracterait le rayon lumineux sous plusieurs longueurs d'ondes différentes qui vous donneraient donc différentes couleurs au moment du contact avec les objets. Chacune de ces couleurs serait un focus et nous pourrions dire que le prisme lui-même serait la conscience de l'essence.

 

Maintenant cette analogie est encore une fois boiteuse puisqu'elle sous-entend une différence et une séparation d'avec le Grand Tout, d'une certaine façon. Mais vous pourriez en très grande partie faire disparaître cette différence si vous pouviez concevoir que le prisme lui-même produit cette lumière qui sera diffractée par les différentes facettes projetées et produisant des couleurs différentes, donc des focus différents. Le prisme, dans notre analogie, serait la lumière elle-même et ce qui perçoit la lumière et la décompose dans les différents rayons.

 

Robert :  Vous avez dit ailleurs que le focus ne se réincarne pas à proprement dit. Comme nous sommes dans une dimension, dans un processus de naissance, de développement, de croissance, finalement de disparition, en apparence tout au moins, au moment de la disparition est-ce qu'on réintègre l'essence avec une mémoire claire ou approximative de ce que nous avons été, ou est-ce qu'on réintègre l'essence ? Je sais que je fonctionne encore un peu dans cette dualité essence/focus, mais vous avez vous-même abordé dans d'autres occasions cette question des réincarnations et des mémoires.

 

Arthur :  Bien, si nous avons dit qu'un focus ne se réincarne pas, c'est tout simplement dans ce sens que vous personnellement, en tant que personnalité propre, Monsieur X et notre amie ici Madame Y, (rire) ne retrouverez pas finalement une autre situation, une autre position lorsque vous aurez opéré la transition et fait le passage. Bien, donc dans ce sens, un focus ne peut se réincarner. (Rire) Bien.

 

Par contre, le rayon de conscience émis par l'essence et donnant le focus que vous êtes actuellement produit simultanément plusieurs autres focus et donc, dans ce sens, nous pourrions dire que vous possédez plusieurs incarnations mais nous ne pouvons pas dire que vous vous ré-incarnez.

 

Robert :  C'est dans ce sens que vous dites que je suis l'essence?

 

Arthur :  Non!  C'est dans le sens simplement que vous êtes l'essence, c'est tout ! Chacun des focus est l'essence ! Vous ne pouvez concevoir un rayon de votre astre solaire indépendant de cet astre, ce rayon est cet astre également. Vous ne pouvez concevoir l'émanation lumineuse qu'émet le prisme lorsqu'il reçoit un rayon indépendamment du prisme. Ce rayon lui-même fait partie de l'ensemble de la réalité du prisme, mais le prisme fait aussi partie de l'ensemble de la réalité du rayon. Ils sont une seule et même réalité, comprenez-vous ?

 

Robert :  Oui.

 

Arthur :  Donc, le focus et l'essence sont une seule et même réalité, ils ne sont pas deux réalités différentes et séparées, ceci est un non-sens.

 

Robert :  Comme le système solaire est un tout, la terre n'a pas de sens sans le soleil et..

 

Arthur :  La terre pourrait avoir un sens sans le soleil, oui sans le soleil, et sans le système solaire, vous avez même dans votre science-fiction des scénarios où votre planète est propulsée dans l'espace et grâce à votre science et tout vous arrivez à survivre quand même, etc etc... Mais vous ne pouvez concevoir la flaque de soleil que vous avez sur le plancher sans votre luminaire qu'est le soleil.

 

Robert :  C'est un tout.

 

Arthur :  C'est un tout. Donc vous ne pouvez concevoir le focus sans l'essence, séparé de l'essence, différent de l'essence ! Il n'y a pas deux réalités ici, il n'y a qu'une réalité, et à l'intérieur de cette réalité, deux expressions nous pourrions dire, différentes d'une même réalité; de la même façon que vous pourriez, vous, exprimer la réalité du parent et exprimer la réalité de l'amant. Vous avez sensiblement deux réalités, mais c'est le même vous qui exprimez ces deux situations.

 

Vous créez ainsi deux focalisations différentes. Vous ne vous adressez pas de la même façon à votre enfant, bien sûr, qu'à votre partenaire. Donc vous créez deux focalisations différentes. Vous pourriez concevoir le focus, ce que nous avons appelé le focus, comme étant de la même façon l'attention de l'essence dans une direction donnée, de cette même façon. Donc vous ne pouvez séparer les deux, ni les opposer, ni les différencier. Saisissez-vous ?

 

Robert :  Oui, je pense que je saisis. J'ai une conception qui émane de cette conversation qui me permet de prendre conscience un peu mieux, même si je pense qu'elle était déjà installée de cette conscience de l'unité, tout en étant conscient du point de vue spécifique que j'incarne, je pense qu'on peut arriver à faire un tout avec ça sans qu'il y ait nécessairement de conflit intérieur ...

 

C'est peut-être pour cela qu'on est ici aujourd'hui, que beaucoup de personnes viennent consulter ... c'est cette perception du conflit intérieur générée par le voile qui fait qu'en même temps on veut conserver notre caractère distinct et en même temps nous avons une nostalgie de la source qu'on voudrait bien réintégrer.... donc je pense qu'on cherche tous, finalement, à retrouver une espèce de paix intérieure et parfois on a l'impression que le focus a pour destin de créer l'illusion.

 

Arthur :  Alors qu'en réalité le focus exprime tout simplement cette illusion, en quelque sorte, et ... bien ! Ce que nous pourrions vous dire ici est que du fait que vous avez créé cette situation de dualité entre ce que vous percevez comme étant vous-mêmes et l'essence, que vous avez entre autres exprimé par votre création des notions de Dieu, quelles qu'elles soient, et d'instances supérieures, quelles qu'elles soient aussi, vous avez de la sorte créé un sentiment ... comment dirions-nous ... ce que nous pourrions exprimer comme étant un sentiment de validité restreinte, en tant que focus. Le sentiment que la validité de l'existence du focus est conditionnelle à la validation de l'instance supérieure, peu importe laquelle.

 

Robert :  De l'essence ?

 

Arthur :  Peu importe. Jusqu'à maintenant vous avez utilisé l'imagerie des divinités pour opérer ce processus. Et donc ainsi, puisque vous sentez profondément que votre existence n'est peut-être pas valide en soi mais qu'elle doit sans cesse être validée par une instance supérieure ET extérieure à vous ET différente de vous...

 

Robert :  C'est ce qui perpétue l'illusion !

 

Arthur :  Vous créez ce sentiment vous-mêmes de ne pas posséder, nous pourrions dire, une grande valeur à vos propres yeux ni aux yeux de cette déité, de ne pas constituer vous-mêmes une expérience ou une existence possédant sa pleine raison d'être…

 

Robert :  Sa pleine valeur …

 

Arthur :  ... sa pleine valeur, et donc dans toutes vos tentatives de création, dans vos visions de vous-mêmes, vous vous positionnez sans cesse comme étant des êtres de valeur très conditionnelle et très précaire...

 

Robert :  Ce qui n'est pas le cas.

 

Arthur :  Ce qui ne peut être le cas, puisque vous êtes l'essence.

 

Robert :  Je vois.

 

Arthur :  Et que vous êtes également, nous pourrions dire, des aspects de la conscience en tant qu'essences, en tant qu'essences focalisées, vous êtes des aspects extrêmement puissants de la conscience, des projections extrêmement puissantes de la conscience et que vous possédez une entière validité en soi, puisque vous êtes la conscience.

 

Robert :  Il me reste quelques minutes sur ma cassette. Je voulais simplement vous remercier d'avoir apporté ces lumières sur le rapport, une meilleure compréhension de ce qu'on appelle focus d'essence bien que les mots soient peut-être limités, mais...

 

Arthur :  Toujours limités, mon ami, toujours limités ! (rire)

 

Robert :  Je termine sur un point en parlant des mots, sur une préoccupation que j'avais au départ, sur le mental ... est-ce que l'essence est un réservoir de mental en soi, parce que vous vous exprimez à moi à travers un mental, à travers des mots, à travers une pensée, peut-être plus que ça bien sûr, mais est-ce que vous percevez la difficulté de communiquer certains concepts ? Vous avez accès au niveau de l'essence ...  je suis encore moi-même dans cette dualité, c'est pas facile d'en sortir ! (rire des deux)

 

Arthur :  Non ! Nous vous comprenons très bien ! Maintenant...  bien ! Il est possible ici que vous confondiez pensée et conscience et que c'est à cette confusion... peut-être vous identifiez le processus de pensée comme étant un processus essentiel peut-être de compréhension et de communication.

 

Le processus de pensée n'est qu'un des modes d'interprétation, de traduction des mouvements de la conscience lorsque ces mouvements s'opèrent sur vos plans. Nous pourrions vous dire que ces processus ... comment dirions-nous ... nous pourrions décrire le mental comme étant simplement un interface entre les plans de l'essence et les plans manifestés des dimensions dans lesquelles vous opérez, et son but, qui bien sûr est très important dans le cadre de l'expérience que vous faites sur ces dimensions, est de transcrire en quelque sorte ce qui vous vient des niveaux essentiels de ce que vous êtes...

 

Robert :  Eh bien on est rendus à la fin de la cassette.

 

Arthur :  Bien ! Et donc si je comprends bien nous mettons fin à notre entretien maintenant (rire) Bien, nous espérons cependant pouvoir nous retrouver en votre compagnie très bientôt, nous sommes fort heureux de pouvoir débattre de ces quelques points de cette façon avec vous et ainsi, puisque nous vous souhaitons tout simplement un au revoir et non un adieu, nous sommes persuadés que nous allons vous retrouver, mon ami !

 

Robert :  C'est également un plaisir pour moi, merci beaucoup.

 

Arthur :  Bien.  Au revoir !

 

Robert :  Au revoir.

 

Note : Presque tous les 'nous pourrions dire', 'en quelque sorte', 'si vous voulez', etc., qui foisonnent dans le discours d'Arthur ont été enlevés du texte afin d'en faciliter la lecture. Nous conservons néanmoins le texte original pour les puristes.

 

 

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