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Présents : Myriam (Ariel) et Robert P.
Comme vous le verrez au début de la communication, notre
"correspondant" n'a pas voulu s'identifier dès cette première séance.
Cependant, comme nous désirions indiquer une identité qui permette au lecteur
de faire la différence entre cette "présence" et celle d'Arthur, nous
avons sollicité, pour ainsi dire, une entrevue spéciale où nous avons posé la
question à nouveau. Vous trouverez le compte rendu de cette séance qui s'est
tenue avec la participation de Jacques (Mojaven) le 15 juillet 2002.
__________________________
L'être humain
possède de très, très, très grandes capacités. Il peut, à l'encontre du divin,
sensiblement, en tout cas, puisque rien ne peut aller à l'encontre du divin en
réalité, mais il peut créer cette inconscience, créer, par ce fait les
dysfonctions physiques, relationnelles, intellectuelles également; il peut
créer les jeux incroyables de la guerre. Pour vivre ce type d'expérience, il
vous faut créer l'illusion de la séparation; il vous faut créer l'illusion de
l'inconscience.
Lorsque l'essence
crée un fragment, ce que vous percevez vous-mêmes comme étant une personnalité,
elle crée un champ d'expérience.
Si je reviens à l'expérience de justice, cette essence aura à créer des fragments qui expérimenteront la position de victime. Elle aura également à créer, peut-être dans la même expérience avec le même fragment, peut-être avec une autre fragment, dans une autre incarnation, la position du bourreau.
Lorsque vous choisissez de
conserver la vision de l'expérience sous forme de regret, soyez conscient que
celui-ci tend à aller vers une plus grande déformation, toujours et à devenir
la culpabilité.
Est-ce que vraiment, nous choisissons toutes nos
expériences? Non seulement vous les choisissez, mais vous les construisez
moment par moment.
L'ego est un état de votre conscience, est un état destiné à vous faire
expérimenter selon le schéma choisi.
L'amour est le matériau de base avec lequel vous construisez votre réalité, vos expériences.
Désir et besoin.
La solitude ne
peut être que celle de l’ego, jamais celle de l’essence.
Vous êtes totalement les créateurs de ce qui vous semble prédéterminé:
Prières:
perpétuation du voile.
Égrégore: entité énergétique pouvant être utilisée par ceux qui se lient à elle
soit en la formant soit en se joignant à ceux qui l’ont formée.
Sur l’insécurité.
__________________________
Uriel : Je vous fais mes
salutations. Bonsoir.
Robert : Bonsoir.
Uriel : Cela m'est très agréable, à ce moment-ci, de me retrouver à partager
cette énergie féminine. Je vous demande quelques instants. Il est tellement
satisfaisant, agréable .. il est difficile de me résoudre à communiquer
verbalement .. Je ressens le désir d'un échange qui me plait vraiment
particulièrement. Me retrouver ainsi en compagnie mm .. je dirais, de
philosophes ne m'est pas arrivé très souvent, je dirais, depuis un certain
temps. J'en suis très heureux.
Comme c'est la première fois que je communique par ce canal, il me faut
un certain temps, quelques instants à établir le contact.
Vous allez très certainement vous poser certaines questions sur mon
identité et du fait de l'importance que vous accordez aux titres et aux
identités elles-mêmes, je préfère, pour l'instant, pour un certain temps,
rester dans une certaine forme d'anonymat. Je peux vous dire que nous avons
travaillé ensemble – nous avons travaillé ensemble à tenter de dévoiler les
mystères. Et je perçois la question de ce canal à savoir si c'est fréquent ou
toujours la même chose puisqu'elle expérimente sensiblement quelque chose de
très semblable avec celui qui se présente comme étant Arthur. Je peux préciser
qu'il est toujours plus simple de se retrouver entre esprits qui se connaissent
et qui ont déjà un lien et de ce fait, ce type de contact se produit presque
toujours entre gens ayant déjà établi une certaine forme de relation. Ce qui
est important, maintenant, c'est que nous tentions, ensemble, de dévoiler
quelques autres clés des grands mystères. C'est un travail qui nous a
profondément fasciné et qui, je crois, continuera encore longtemps à nous
ramener ensemble. Alors donc, mon ami, je suis prêt à cet échange que vous avez
désiré et nous pouvons commencer.
Robert : Ça me fait plaisir. J'ai préparé quelques points,
quelques questions que j'aimerais clarifier avec vous. Je voudrais premièrement
savoir jusqu'à quel point c'est louable d'être comme je suis, presque obsédé
par l'idée de comprendre – comprendre ce que l'on fait ici, pourquoi nous
sommes là, qu'est-ce qui se passe; c'est quoi cette condition humaine dans
laquelle nous vivons. J'ai besoin de savoir. C'est fondamental pour moi. Cela
fait beaucoup d'années que je recherche cela. Si vous avez des éléments de
réponse, j'apprécierais beaucoup.
Uriel : Pourquoi existons-nous… C'est une question à plusieurs
volets, qui appelle une réponse à plusieurs volets. D'abord, se poser cette
question – vous avez utilisé le terme louable – ce n'est ni louable ni pas
louable. Vous n'avez pas à être approuvés ou désapprouvés ou à vous approuver
vous-mêmes ou à vous désapprouver vous-mêmes pour une telle question. Mais il
est profondément, je dirais, légitime de se poser une telle question et elle
fait partie intégrante de l'aventure humaine – cette question. Elle dénote un désir
d'accroissement de la conscience, d'accroissement dans le sens de la conscience
devenant consciente d'elle-même. Elle dénote également, cette question, du fait
que l'être, après avoir expérimenté à plusieurs niveaux et après avoir intégré
plusieurs aspects de l'aventure de la conscience dans cette dimension, se
retrouve au point, je dirais, d'être prêt au retour. Lorsque l'essence
introduit ce type de préoccupation dans la dimension dans laquelle vous
expérimentez, elle est prête à ramener à elle les différents aspects de son
expérience – ces aspects ayant été représentés sous la forme de ce que vous
appelez les incarnations.
Chaque incarnation illustre, je
dirais, un aspect de l'expérience que cette essence tente, plutôt veut, fait, à
l'intérieur de cette dimension. Bien sûr, sur d'autres dimensions, la même
essence peut expérimenter d'autres façons, à d'autres niveaux. Lorsque, je me
répète, lorsque cette essence est prête à synthétiser et .. .. je pourrais
dire, extraire, extraire de toutes ses expériences la valeur intrinsèque, comme
vos alchimistes pouvaient le faire dans leurs laboratoires avec leurs cornues –
ceci est un excellent exemple. Lorsque l'essence exprime, par le biais d'un de
ses fragments, ce type de préoccupation, elle est en mesure de commencer à
créer l'unification entre tous ses fragments, tous ses aspects qu'elle a créés
dans une dimension spécifique, dans un but d'expérience. Le fait que vous vous
posiez ce type de questions – d'où est-ce qu'on vient, pourquoi, où
allons-nous, etc – démontre, signifie que vous êtes cette incarnation, ce
fragment, par lequel cette essence commence son processus d'unification. Ce
type de questions vous est inévitable; elle est pour vous incontournable et
j'ai bien peur, mon ami, qu'elle vous suive jusqu'à votre passage.
Robert : Pouvez-vous m'expliquer pourquoi … Ce qui m'incite,
dans ces questions, c'est le fait que la nature humaine, la condition humaine
est limitée, de sorte que cela devient très difficile d'être heureux dans cette
condition humaine-là. Elle est remplie de contradictions.
Uriel : La condition humaine est très loin d'être limitée.
Votre point de vue de la condition humaine est limité. La condition elle-même
comporte en elle-même un pouvoir inouï. Elle contient, je dirais en elle-même
des capacités difficiles pour vous à imaginer. Déjà, à travers votre histoire,
beaucoup ont illustré ces capacités, beaucoup ont démontré le grand pouvoir que
possède un humain. Le problème, s'il y a problème, ne se situe absolument pas
au niveau de ce qu'est l'être humain en soi et de ce qu'il peut. Il se situe
dans votre regard sur l'être humain et surtout dans votre regard sur
vous-mêmes. Pour des raisons qui vous appartiennent à chacun et qui vous sont
très légitimes à chacun, vous limitez votre point de vue, votre regard. Et par
cette limitation vous créez exactement l'expérience que vous avez choisi de
faire, de créer en vous incarnant de cette façon, à cette époque, à cet
endroit.
Si vous preniez la peine de
fouiller l'histoire d'un peu tous les peuples, sans même avoir à remonter le
temps si loin, vous trouveriez beaucoup, beaucoup d'individus ayant dépassé
cette vision de la condition humaine et ayant pris entre leurs mains leur plein
pouvoir. Ils sont ainsi devenus des maîtres capables de créer leur vie selon
leur volonté, selon leur vision. Un des stratagèmes que vous utilisez pour
bloquer, je dirais, ce type de changement – le changement de vision qu'il vous
faudrait opérer – est de croire que ces
individus sont exceptionnels, qu'ils ont peut-être une intelligence
exceptionnelle ou qu'ils ont fait une démarche exceptionnelle; que d'une façon
ou d'une autre ce sont des êtres hors du commun et que donc, vous en tant
qu'individu .. du commun, justement, n'avez pas accès à ce type d'accomplissement,
à ce type de connaissance. Or, ce type d'individus avaient, dans la plupart des
cas, comme une de leur première préoccupation, je dirais, de démontrer à tous
la possibilité d'atteindre ces accomplissements et de démontrer également les
capacités réelles de ce que vous identifiez comme un être humain.
L'être humain possède de très,
très, très grandes capacités. C'est un être très puissant. Tellement puissant –
vous n'avez pas idée – tellement puissant, qu'il peut, de façon incroyable,
créer la dualité dans laquelle .. dans laquelle il fait son expérience. Il
peut, à l'encontre du divin, sensiblement, en tout cas, puisque rien ne peut
aller à l'encontre du divin en réalité, mais il peut créer cette inconscience,
créer, par ce fait les dysfonctions physiques, relationnelles, intellectuelles
également; il peut créer les jeux incroyables de la guerre. Cela demande une
puissance incroyablement plus grande que vous ne pouvez l'imaginer car cela
demande d'accepter et de situer, en apparence, en dehors du plan divin.
Ce que vous ne comprenez pas est
que seulement des êtres supérieurs possédant une force inouïe peuvent se
permettre ce type d'expérience. Car pour vivre ce type d'expérience, il vous
faut créer l'illusion de la séparation; il vous faut créer l'illusion de
l'inconscience. Vous devez vous concevoir comme étant à l'extérieur du divin.
Vous êtes des êtres à la magnificence inouïe et le seul fait que vous n'en
soyez pas conscients, à lui seul, suffirait à dénoter votre pouvoir incroyable.
Rappelez-vous – Lucifer était le favori, le plus grand, le plus près de la
gloire divine et ce que vous avez interprété comme étant sa chute et que vous
ne pouviez interpréter autrement est en fait son choix, pleinement son choix de
se rendre dans les dimensions de la dualité et de l'inconscience. Ceci ne
pouvait se faire autrement qu'avec un immense pouvoir et un immense amour.
Robert : Si nous sommes si extraordinaires, pourquoi avoir tant
de difficulté à être heureux?
Uriel : Je vous dirais que la notion de bonheur, telle que je
la perçois, en tout cas, dans votre question, est tout simplement liée, en
fait, à la réalité de la personnalité liée à cette incarnation, je pourrais
dire. L'essence ne possède pas cette vision du bonheur ou du malheur. L'essence,
c'est-à-dire l'aspect de vous en évolution, l'aspect de vous englobant les
différentes incarnations, ce que vous appelez les différentes incarnations,
possède la notion d'expérience. Lorsque l'essence crée un fragment, ce que vous
percevez vous-mêmes comme étant une personnalité, elle crée un champ d'expérience. Si cette expérience demande ..
Cette expérience demandera toujours un jeu de balancier, c'est-à-dire, si
l'essence désire expérimenter la réalité divine de la justice, il lui faudra
créer des champs d'expérience où elle pourra .. je dirais, valider le spectre
entier de cette réalité. Cela signifie qu'elle aura à créer des fragments,
parfois des expériences spécifiques, limitées à l'intérieur de la vie d'un
fragment, ayant trait avec un aspect ou l'autre de la justice.
Ces aspects sont ceux que vous
qualifiez de positifs ou de négatifs. En soi, ils ne sont ni l'un ni l'autre.
Ils ne sont que des champs d'expériences. Au niveau de l'essence, ce qui
sous-tend toute votre .. raison d'existence se situera toujours en regard des
extrêmes de ce qui est désiré comme expérience. Si je reviens à l'expérience de
justice, cette essence aura à créer des fragments qui expérimenteront la
position de victime. C'est un aspect important dans cette dynamique, qu'elle veut
intégrer à un niveau direct, en tant qu'expérience directe, évidemment. Elle
aura également à créer, peut-être dans la même expérience avec le même
fragment, peut-être avec une autre fragment, dans une autre incarnation, la
position du bourreau.
Robert : Donc si nous avons le sentiment que la vie est
injuste, c'est que nous avons à vivre l'expérience de la victime.
Une troisième position existe qui
est la position, je dirais, de conciliation, de compréhension, d'équilibre.
Quant l'essence a vraiment intégré, expérimenté, intégré les deux aspects
dualistes, elle désire intégrer l'aspect lui-même, dans son unité. Et certains
fragments s'attacheront, si on peut dire, d'une certaine façon, à cette
conscience d'unification. Et c'est ce que vous recherchez, entre autres choses,
mon ami. Vous ne .. vous ne vous sentez pas ni, je dirais, dans le camp des
victimes, ni dans celui des bourreaux. Et la raison en est que votre
incarnation en est une d'harmonisation, de conciliation, d'unification, de
synthèse à cet effet.
Robert : Je voulais bifurquer un peu pour vous amener sur une
autre question qui est connexe. Dans notre vie, nous expérimentons le regret,
nous regrettons des choses, ce que l'on ne devrait pas, probablement. Comment
peut-on faire pour ne pas vivre le regret? Est-ce qu'on peut ne pas vivre le
regret?
Uriel : Il est même préférable de ne pas vivre le regret. Mais
vous pourriez tout simplement, transformer ces regrets. Vous savez, ce que vous
appelez des regrets ne sont, en définitive, que des expériences non intégrées.
Ils ne sont que des expériences qui ne sont pas comprises et qui ne font pas
encore partie du champ de conscience globale. Aussi longtemps que vous
maintenez cette expérience sous forme de regret, vous l'empêchez de s'intégrer,
vous l'empêchez de devenir expérience vivante, réellement, profondément
intégrée dans le champ de la conscience. Maintenant, il arrive souvent que vous
choisissiez de garder ces expériences sous forme de regrets, choisissant à ce
moment-là de faire jouer le rôle de miroir à ces expériences. De cette façon,
ces expériences restent .. nous pourrions dire, comme à l'extérieur de vous.
Elles demeurent une sorte de reflet et vous pouvez continuer à les utiliser
dans ce sens, aussi longtemps que vous maintenez l'attitude du regret.
Cependant, il faut faire
attention avec ce type de dynamique. Le regret se transforme en culpabilité et
la culpabilité, elle, ne peut servir de miroir. Elle constitue un reflet
beaucoup, beaucoup trop déformé pour que vous puissiez l'utiliser ainsi. Donc,
lorsque vous choisissez de conserver la vision de l'expérience sous forme de
regret, soyez conscient que celui-ci tend à aller vers une plus grande
déformation, toujours et à devenir la culpabilité. Et à partir de ce point,
vous ne pouvez plus utiliser cette expérience. Il vous faut alors, lorsque vous
vous rendez compte que votre regret s'est transformé, que votre vison s'est
déformée à ce point, il vous faut, je dirais, dégager cette expérience de toute
forme de jugement et d'accepter de l'intégrer totalement. C'est le seul moyen,
on pourrait dire, que cette expérience puisse encore servir, si on peut
utiliser ces termes.
Robert : C'est quoi l'intégrer? Prendre la leçon qu'il y a à
l'intérieur?
Uriel : Oui, oui, prendre la leçon. Maintenant, encore une
fois je vous dirais, prenez garde à cette notion de leçon qui est peut-être
limitée, peut-être un peu trop limitée. Essayez de remplacer la notion de
leçon, qui comporte, d'une certaine façon, déjà un jugement – dans une leçon,
il y a des choses bonnes et il y a des choses à rejeter. Essayez de remplacer
la notion de leçon par celle d'expérience. Vous êtes tous des chercheurs
d'abord et avant tout et vous créez ces incarnations en guise de laboratoire de
recherche. Vous utilisez ces incarnations, vous utilisez vos corps, vos
différents corps comme laboratoires, comme outils extrêmement raffinés vous
permettant de construire votre expérience et d'intégrer ce qui en ressort, les
connaissances que vous acquérez de cette expérience.
Robert : Est-ce que vraiment, nous choisissons toutes nos
expériences?
Uriel : Non seulement vous les choisissez, mais vous les
construisez moment par moment. Vous savez, presque toutes les nuits, vous
révisez l'ensemble de votre vie, l'ensemble de la période dans laquelle vous
êtes maintenant et l'ensemble de vos choix. Vous réévaluez. Vous vous rendez
sur certaines dimensions, moins limitées que celles-ci où vous allez, je
dirais, créer .. une sorte de mise en scène, je pourrais vous dire, des
différentes potentialités que peuvent impliquer les choix que vous posez
maintenant ou que vous vous apprêtez à faire. Vous créez l'ensemble de ce que
vous êtes et de votre vie à tout instant. Avant de vous asseoir ici, vous
n'étiez pas celui que vous êtes maintenant. Vous choisissez à tout instant.
Robert : De façon consciente ou inconsciente?
Uriel : Les deux. Votre conscience, votre vraie conscience,
celle de votre essence, celle qui vous maintient à tout instant, est toujours
consciente. Il est tout à fait, totalement impossible que la conscience soit
inconsciente. C'est un non-sens. Vous avez créé ce que vous nommez l'ego. Vous
avez créé un obscurcissement de la conscience, un mécanisme, je dirais, de
rétrécissement du point de vue, du champ de vision de la conscience. Et ceci,
dans le but spécifique d'expérimenter strictement dans le cadre du champ
dimensionnel que vous avez choisi –
très particulier, dans celui de la dualité. Vous aviez besoin de vous
créer vous-même comme un être duel pour expérimenter évidemment la dualité.
Donc, à tout moment, vous êtes les deux:: conscient et inconscient. Je peux par
contre vous dire que l'aspect conscient de vous est très nettement supérieur à
l'aspect inconscient, votre ego. Car c'est l'aspect conscient de votre
conscience qui maintient les deux, qui maintient la conscience d'elle-même et
qui maintient l'existence de l'illusion qu'est l'ego, de l'illusion
d'inconscience. L'ego n'est que l'illusion de l'inconscience. Donc, en réalité,
vous êtes toujours conscients; tous les humains sont toujours conscients.
Robert : Mais quant on parle dans un cheminement, d'élever le
niveau de conscience, qu'est-ce qu'on veut dire au juste?
Uriel : Il y a deux niveaux. Il y a le processus lui-même et
il y a les gens qui vivent ou qui croient vivre ce processus. Le processus
lui-même est tout simplement d'amener la conscience .. je dirais plutôt
d'amener ce que vous nommez l'ego conscient de la conscience.
Robert : Oui, c'est très logique.
Uriel : L'ego est un aspect de la conscience. Il n'est pas
cette espèce d'identité que vous identifiez comme étant différent, détaché,
extérieur à la conscience, comme étant, en quelque sorte, un aspect parasite
qu'il vous faut éradiquer de votre être.
Robert : L'ego serait un indicateur de notre niveau de
conscience?
Uriel : Je ne crois pas. L'ego est un état de votre
conscience, est un état destiné à vous faire expérimenter selon le schéma
choisi. Si, par exemple, avant votre incarnation vous décidez, vous choisissez
d'être, en tant que mâle blanc, et axé, je dirais, sur la dynamique de la
justice, vous allez totalement définir votre personnalité, vous allez définir
votre champ de conscience autour de ces paramètres. C'est ce champ de
conscience qui devient l'ego. Lorsque vous avez dépassé, je dirais, la validité
de l'existence de ce champ de conscience, de cette restriction de conscience
même, je pourrais dire, vous commencez à laisser venir, je pourrais utiliser le
terme de pulsion, même si normalement il s'utilise à un autre niveau, de pulsion
de retour vers la conscience, d'élargissement du point de vue. Lorsque l'être
arrive à ce désir d'élargissement de la conscience, cela signifie que, en
grande partie, les expériences choisies sont en voie d'intégration. Me
suivez-vous?
Robert : Oui. Je trouve cela intéressant. Mais j'aimerais
aborder un autre volet. J'ai entendu, une fois, dans une explication qui
m'était donnée, le terme "la traversée du miroir". J'ai interprété
qu'il s'agissait justement du fait où on peut avoir accès à l'autre dimension
de la vie humaine. Mais ce n'est pas clair, encore pour moi, ce que cela veut
dire. J'aimerais que vous puissiez me clarifier cela un peu.
Uriel : La traversée du miroir… hum… Il s'agit tout
simplement, par cette image, du processus que nous venons de voir ensemble. Il
s'agit d'accepter de passer du côté opaque vers le côté transparent de la
conscience. L'autre aspect de la vie humaine, oui, dans le sens, justement, de
ce passage. La traversée du miroir s'opère au moment où l'être choisit de terminer
cette période d'inconscience – période
de domination, je dirais, de l'ego – et d'aller ainsi vers le champ totalement
ouvert de la conscience. C'est le retour de l'être vers l'essence. D'une
certaine façon, nous pourrions dire le retour de l'être vers lui-même.
Robert : Oui, ça clarifie les choses.
Uriel : Je suggèrerais que nous fassions peut-être une légère
pause maintenant et nous pourrions continuer après cette courte pause.
Robert : D'accord, merci.
**********
Uriel : Votre ravissement n'a d'égal que le mien. Vous me
voyez également quelque peu étonné en même temps que ravi.
Robert : J'aurais d'autres questions.
Uriel : Oui, je n'en doute pas. Je voudrais, avant vos
questions, amener une petite précision ou plutôt une confirmation. Je suis en
effet une énergie liée au Comte de St-Germain. Ce n'est pas notre amie qui
empêche d'aller plus loin dans l'identification de cette énergie. C'est un
choix posé de notre côté afin d'établir ces dialogues sur une autre base,
peut-être, que celle du vedettariat, je dirais. Ceci vous permet de donner à
ces échanges une dimension autre que personnelle. Pour l'instant, nous allons
donc en rester à ce stade. Voilà.
Robert : D'accord, est-ce que je peux vous poser une question?
Uriel : Oui, bien sûr.
Robert : Une petite question mais qui aura peut-être une longue
réponse.
Uriel : Je pense que je me méfie des petites questions.
Robert : C'est quoi l'amour?
Uriel : C'est bien ce que je croyais. (rire)
Robert : C'est difficile à comprendre!
Uriel : L'amour est le tissu de l'univers. L'amour est le
matériau de base avec lequel vous construisez votre réalité, vos expériences.
C'est l'état .. l'état d'être. Lorsque vous revenez vers vous, que vous ramenez
votre conscience en votre centre et que vous établissez votre .. présence dans
le Je Suis, vous ramenez votre conscience en son état fondamental qui est
amour. Rien ne peut être possible, ne peut exister en dehors de cet état. Nous
pourrions dire que l'amour est ce qui est. Ce que vous avez conçu sous la forme
d'une déité suprême, Dieu, est ce que vous nommez amour. Dans un cas, vous lui
prêtez une nature universelle bien que souvent vous vous conceviez vous-mêmes
extérieurs à cette nature, ce qui est une absurdité en soi. Et dans l'autre
cas, vous lui prêtez une nature limitée, personnelle, personnalisée. Mais c'est
la même chose. Ce que vous recherchez dans vos élans, dans votre recherche de
cet amour est la conscience de votre unité. Vous cherchez à retrouver cette
conscience, à réactualiser, je dirais, cette conscience de l'unité. C'est
pourquoi vous faites ces tentatives en regard principalement d'individus
extérieurs à vous.
Votre illusion, maintenue par
votre structure d'ego que nous mentionnions tout à l'heure, vous amène à
identifier l'unification entre vous et une entité différente de vous se situant
à l'extérieur et vous recherchez cette unité, croyant que c'est par ce biais
que vous aurez un tant soit peu accès au divin, accès à l'état primordial de la
conscience. La raison pour laquelle vous n'accédez pas à ce que vous désirez
vient du fait que vous ne saisissez pas, vous ne comprenez pas que l'objet vers
lequel vous dirigez votre désir est vous, cet objet, il est vous. Il n'est pas
autre chose. Vous le voyez, vous le concevez comme étant un objet différent et
séparé de vous-mêmes. Cet objet est vous. Vous le créez entièrement et bien
sûr, vous le créez à partir de ce que vous êtes. Lorsque vous devenez capables
de commencer à comprendre ceci et en même temps de ramener ce désir projeter
vers ce que vous croyez être l'extérieur, de le ramener vers vous-mêmes, vous
commencez réellement à rétablir le contact conscient avec ce que vous nommez le
divin. Cette dynamique de l'amour, dans quelle que forme que ce soit que vous
la viviez, est toujours un désir, une tentative de ce retour vers l'unité.
Est-ce que ceci répond?
Robert : Oui, j'ai une question. A ce moment-là, l'amour n'a
rien à voir avec le bien, le mal, avec toutes ces notions-là?
Uriel : Absolument pas. L'amour en soi contient, mm .. est le matériau
de base, je dirais, du bien et du mal. Le bien et le mal n'existent pas. Il
existe une vision, il existe un choix d'expérience; il existe également ce
matériau primordial qu'est l'amour. Ce que vous identifiez comme le bien et le
mal est tout simplement ce qui vous permet d'aller dans le sens de votre choix
ou d'aller à l'encontre de votre choix.
Robert : Je comprends. L'amour est au-dessus – un criminel
pourrait aimer tuer?
Uriel : Aimer tuer? Un criminel pourrait vouloir, en tant que conscience,
expérimenter brièvement l'état du non-amour. N'oubliez pas que toute votre
expérimentation se fait dans la dimension de la dualité. Vous avez choisi,
entre autres, de connaître l'amour par l'absence d'amour mais tenez bien compte
que cette absence d'amour, cet état d'absence d'amour est une illusion. Il est
impossible que l'amour soit absent, mais vous pouvez très bien, momentanément,
faire l'expérience de l'absence d'amour, en créant, par le biais de votre ego,
la condition illusoire totale de cette absence. Lorsque vous serez en mesure de
percevoir ceci, de comprendre ceci, vous comprendrez en même temps à quel point
l'ego est un outil extraordinaire, un merveilleux outil que vous avez mis au
point pour créer les situations illusoires vous permettant d’expérimenter ce
vous désiriez. En tant qu’essence, le criminel n'est pas plus .. séparé,
ignorant de l'amour, mm .. dans sa vraie dimension, je dirais, que vous l'êtes.
Il n'en est ni plus conscient, ni moins conscient que vous. Dans son état, dans
sa situation momentanée, il se crée un schéma qui pourrait énergétiquement
s'apparenter à .. je dirais, une coquille, peut-être, dans laquelle il pourra
vivre cette illusion de l'absence d'amour.
Robert : Je trouve ça intéressant et je comprends bien. Voulez-vous
maintenant me définir la passion; on la confond souvent à l'amour – est-ce
qu'elle appartient strictement à la condition .. animale?
Uriel : Vous parlez de quel type de passion?
Robert : Passion amoureuse.
Uriel : Et sexuelle?
Robert : Oui, et sexuelle.
Uriel : Vous avez évidemment, bien sûr, la situation .. ce que
vous qualifiez de situation animale… Vous devez rencontrer, je dirais certaines
nécessités de votre création et certaines lois universelles aussi, qui
appellent l'expansion et donc vous avez là toutes les fonctions sexuelles de
votre option qui peuvent parfois se vivre en tant que passion, parfois non,
parfois simple pulsion et vous avez un autre niveau de passion, dégagé cette
fois de la pulsion sexuelle, de la pulsion que vous qualifiez d'animale et qui,
je dirais, participe, effectivement de la dynamique de l'amour. Ce niveau de
passion constitue .. exprime, je dirais, la volonté d'expression de votre être
en tant qu'être vivant, en tant qu'expression vivante et manifestée de l'amour.
Encore une fois, peu importe de quelle façon vous pouvez vivre cette passion,
ce que vous exprimez par elle est votre force d'être, votre force de vie qui
cherche .. oui.. qui cherche à s'exprimer.
Robert : Ça me suffit comme réponse. J'aimerais vous amener sur
une autre question un peu différente. Je me suis souvent questionné sur la
difficulté de faire la différence entre ce qui est un besoin et ce qui est un
désir. C'est souvent difficile de faire la distinction; avez-vous des
éclaircissements à me donner?
Uriel : Votre difficulté à les départager vient du fait qu'ils
sont liés et que vous les placez à un même niveau alors que l'un découle de
l'autre. Il y a d'abord désir et ensuite besoin. Le désir crée le besoin. Vous
utilisez cette sorte de pulsion, cette sorte de passion, justement, qu'est le
désir pour créer votre besoin, y compris tous les besoins inhérents à votre
existence physique. En soi, le besoin n'existe pas. Il existe uniquement en
fonction de votre désir. Saisissez-vous?
Robert :
Oui, cela veut dire que lorsque
nous désirons quelque chose, c'est un besoin et il nous reste à mettre un ordre
d'importance au besoin.
Uriel : Lorsque vous désirez quelque chose ce n'est pas un
besoin.
Robert : Ça identifie le besoin.
Uriel : Non, lorsque vous désirez quelque chose, il n'y a pas
de besoin, il y a absence complète de besoin. Vous désirez d'abord cette chose
et pour vous, je dirais, créer la dynamique nécessaire pour aller dans le sens
de ce désir, vous créez votre besoin.
Robert : Oui, je comprends. Je me rends compte que c'est
peut-être pour ça que la vie semble compliquée; c'est que l'on vit dans
l'imprécision. On ne sait pas trop comment se situer face aux concepts. Cela
m'amène à parler du temps. Le temps est une dimension qui m'intéresse beaucoup
parce que c'est une dimension de la vie qui est très difficile à définir; on a
l'impression que c'est extrêmement important à saisir pour comprendre
l'existence. Pouvez-vous me parler un peu du concept de temps? On dirait que
pour vous il n'existe plus.
Uriel : Oui, le temps, le temps continue à exister dans nos
dimensions également, pendant longtemps mais évidemment pas de la même façon
qu'il est perçu dans votre dimension. Je comprends très bien votre intérêt,
votre fascination pour le temps car c'est par lui que vous maintenez en place
ce que vous avez appelez le voile; c'est par le temps que vous maintenez cette
illusion de l'inconscience, de la séparation, de la dualité. Sans la notion,
sans l'existence du temps, vous ne pourriez vivre la dualité, l'expérimenter.
Vous ne pourriez avoir la conception de quelque chose de bien simultanément à
quelque chose de mal, exactement dans la même réalité, disons dans la même
action. C'est un sujet vraiment vaste.
Robert : Oui, je suis conscient que ma question est très large.
Mais le temps est une dimension qu'on subit dans une certaine mesure, quelque
chose que nous comprenons difficilement et nous avons l'impression qu'elle
appartient uniquement à la vie terrestre. J'aimerais avoir juste un peu plus
d'éclaircissement sur cette notion du temps.
Uriel : D'abord, je veux vous spécifier que le temps est un
état; ce n'est pas en soi une dimension, c'est-à-dire comme ce serait un espace
dans lequel vous résideriez. C'est un état. C'est .. ce que vous concevez comme
le temps est, tout simplement, un mécanisme .. de création, un état de la
conscience que vous utilisez pour vous permettre de percevoir vos créations ..
de façon dualiste et de continuer à créer de façon dualiste.
Robert : Je comprends ce que vous me dites. Évidemment, mes
questions sont très terre à terre, ce sont des questions de quelqu'un qui vit
dans la condition humaine… Nous avons souvent le goût de demander de l'aide,
parce qu'on se sent des besoins, on se sent parfois en difficulté et il y a
deux façons de voir cela: j'ai toujours pensé que personne ne peut nous aider
lorsque nous sommes vivants, dans un corps animal et récemment je me suis
laissé amener à voir que peut-être quelqu'un pouvait nous aider. Encore là,
quelle sorte d'aide on peut espérer, je ne sais pas. Pleins de gens parlent de
guides, d'anges et j'ai toujours eu beaucoup de difficulté à croire à tout ça.
Il me semble que je suis tout seul et j'aimerais être informé, un peu,
là-dessus.
Uriel : J'aimerais d'abord, peut-être .. je dirais, faire un
point entre deux aspects de votre question. Que vous soyiez en mesure de
demander et de recevoir de l'aide est une chose, peu importe la direction d'où
viendrait cette aide. Que vous vous sentiez quelqu'un, une personnalité, un
individu isolé, retranché, différent est autre chose. Avant de – pour vous –
déterminer si vous êtes en mesure de rentrer en contact avec ce que vous
appelez des guides, des anges, etc, avant même de répondre à la question
"existent-ils?", vous avez d'abord à prendre conscience de votre
définition de vous-même en tant qu'être isolé. Lorsque vous vous sentez ainsi,
lorsque vous vous définissez ainsi, comme un être totalement isolé, vous vous
définissez totalement à partir des paramètres de votre ego et non à partir de
votre essence. Ce n'est que l'ego qui se sent, qui se définit, ainsi,
totalement isolé, différent. L'essence se sent, se définit, se vit comme étant
en unité, comme faisant partie du tout, comme étant un élément du tout. Donc,
plus vous allez dans le sens de votre essence, donc vers une conscience plus
grande de qui vous êtes réellement, plus vous pouvez établir ce contact avec
ces ordres .. ces ordres d'existence que vous nommez les guides, les anges,
etc. Dans la mesure où vous restez à l'intérieur des paramètres de votre ego,
vous ne pouvez entrer en contact avec ces ordres d'existence. Mais dans la
mesure où vous sortez de ces paramètres pour aller vers les réalités de la
conscience, vous pouvez entrer évidemment en contact avec ces ordres, puisque
vous entrez dans les .. je dirais, champs de réalité de l'unité, qui est de
toute façon la conscience. Me saisissez-vous?
Robert : Oui, mais je continue à me demander si ces ordres
d'existence, ces niveaux d'existence peuvent intervenir ou non…
Uriel : Ils ne peuvent intervenir sans votre – plus que votre
consentement – sans votre demande, je dirais. Vous avez à faire le choix
consciemment d'établir d'abord ce contact et ensuite cette relation que, oui…
que vous pouvez percevoir comme une relation d'aide – maintenant tenez bien
compte que ces ordres d'existence sont à des niveaux vibratoires, je dirais,
unitaires. Lorsque vous les rejoignez, lorsque vous les contactez, vous êtes,
d'une certaine façon, à ce niveau également. Donc il n'est plus vraiment une
question d'aide dans le sens d'une entité qui serait en difficulté et d'une
autre entité qui serait en situation de puissance pouvant sortir la première de
sa difficulté. Vous êtes, à ce moment-là, dans un échange .. je dirais,
énergétique, un échange vibratoire. Vous permettez à ces ordres d'existence de
.. par votre biais, d'expérimenter également sur votre plan. Il leur est
impossible d'intervenir, ne serait-ce même par un simple conseil, sans votre ..
appel, je dirais, sans votre accord. Vous êtes dans un champ d'expérience de
total libre arbitre. Ceci est très important. Il n'y a jamais aucune entité,
qu'elle soit incarnée sous forme humaine, comme vous, comme tous les gens que
vous côtoyez, ou qu'elle soit non-incarnée sur votre plan qui peut intervenir
dans votre vie sans votre demande et sans votre consentement.
Robert : Cela m'amène à vous demander: qu'est-ce que le libre
arbitre, au juste?
Uriel : Je dirais, votre position de créateur. Votre capacité
d'exercer vos choix en totale conscience, peu importe qu'il vous en semble ou
non et d'exercer votre pouvoir de créateur.
Robert : Mais lorsqu'on dit que dans la vie il n'y a pas de
hasard, que les choses qui doivent arriver arrivent…Il n'y a pas là une
contradiction?
Uriel : Je vois pourquoi vous pouvez vous poser cette question
mais si vous regardez dans l'ensemble de votre réalité, vous allez réaliser que
vous avez créé ce qui arrive, donc il n'y a pas de hasard. Vous ne l'avez
peut-être pas créé au niveau de l'ego; vous n'en êtes peut-être pas conscients
vu, je dirais, de l'intérieur de ce schéma de conscience, de cette réalité de
conscience que vous avez créée avec l'ego, mais vous êtes totalement les
créateurs de ce qui vous semble prédéterminé, je dirais.
Robert : D'accord; alors pourquoi dans toutes les religions du
monde, la formule que tous ont imaginée et utilisée est la prière? Pourquoi on
prie si nous n'avons rien à demander?
Uriel : Parce que vous avez créé l'illusion de la dualité et
donc de la séparation. Vous avez créé l'illusion d'être différents de Dieu,
c'est-à-dire différents de la réalité universelle, différents de l'état d'amour
universel, universel dans le sens de ce qui est, tout ce qui est. Vous avez
créé ce .. voile et vous le maintenez de cette façon. La prière vous sert à
maintenir ce voile parce qu'elle vous sert à maintenir l'illusion de la
séparation entre vous et l'entité suprême que vous priez. Mais elle vous sert
également de rappel, de méthode pour vous rappeler qu'ultimement, vous faites
partie de ce tout. Vous êtes ce tout. Me suivez-vous?
Robert : Oui, oui. Alors, lorsque l'on dit que la prière – il y
en a qui sont différentes les unes des 'autres, c'est normal – et on dit que
certaines prières ont plus de force que d'autres. Qu'est-ce que cela veut dire
– est-ce que c'est lié au choix des mots?
Uriel : Cela veut dire que lorsque l'individu a déjà accompli
une certaine identification avec la conscience, qu'il se situe dans sa
conscience d'être beaucoup plus en unité qu'en état de séparation, d'illusion,
il .. il produit, je dirais, un impact beaucoup plus direct sur la trame de la
réalité, sur la trame énergétique. Il peut alors créer beaucoup plus facilement
que celui qui prie à côté de lui et qui se croit profondément, dans son ..
humilité, entre guillemets, différent et séparé de l'être suprême qu'il est en
train de prier. Ce qu'il dit à cet être suprême, c'est-à-dire ce qu'il dit
alors à la réalité de la conscience est beaucoup plus : "je suis séparé et
je désire rester séparé. Je désire continuer à créer ma réalité en tant qu'être
séparé, en tant qu'être différent, prisonnier d'un schéma, prisonnier d'une
coquille, prisonnier de mon ego". Cet être n'est pas arrivé au moment du
choix de se libérer de cette coquille. Et son choix, sa position, je dirais,
possède la même validité que celle de l'individu à côté de lui qui commence, je
dirais, à faire craquer cette coquille et aller vers l'unité. Les deux
expériences ont la même validité.
Robert : Ça va. Il y a un autre sujet, d'un autre ordre.
J'aimerais savoir ce que c'est qu'un égrégore. J'ai entendu diverses
définitions et j'aimerais savoir de quoi il s'agit, au juste?
Uriel : Un égrégore est tout simplement un champ de conscience
unifié. Lorsque plusieurs individus amènent en contact leurs différents champs
de conscience, nous pourrions dire – car en réalité vous avez déjà probablement
compris qu'il n'existe qu'un seul champ de conscience – mais lorsque chacun des
individus amène la conscience de ce champ de conscience en contact avec celle
des autres, ces états .. ces états de conscience s'unifient et créent ce que
j'ai appelé premièrement un champ de conscience unifié. Bien sûr, à ce niveau,
le champ de conscience unifié qui est l'égrégore devient ce que vous-mêmes
concevez déjà comme étant une réalité plus grande que la somme de ce qui l'a
constitué. Puisque ce champ de conscience devient ce que vous pourriez .. ..
comparer à une entité, ce que vous appelez une entité – ce n'est pas la bonne
comparaison, ce n'est pas la bonne image, mais il est difficile, ici, de
trouver une image qui pourrait illustrer ce qu'est l'égrégore – ce champ de
conscience possède sa propre conscience. Il est constitué .. .. il est un
gestalt et il devient, au fur et à mesure de l'investissement d'énergie, en
quelque sorte, un être valide. C'est comme s'il devenait un être en soi,
possédant sa propre volonté, d'une certaine façon, sa propre intelligence.
Mais, l'égrégore reste lié aux consciences qui l'ont formé. Maintenant, à ce
niveau, à ce sujet, comme bien d'autres, il est souvent appliqué les notions de
positif et de négatif. L'égrégore n'est ni l'un, ni l'autre. L'égrégore est une
création énergétique; il est neutre. Il est une sorte d'entité énergétique et
il peut être utilisé par ceux qui se lient à lui, soit en le formant, soit en
se joignant à ceux qui l'ont formé.
Robert : Je comprends bien. Maintenant, il me reste deux
dernières questions. Nous avons les connaissances et nous avons le cheminement
– les connaissances acquises, c'est facile; nous lisons des volumes, nous
lisons des choses, nous discutons, donc les connaissances acquises, ça se fait
bien. Par contre, le cheminement intérieur est autre chose et souvent les
connaissances acquises servent au cheminement. Bien des gens ont de la
difficulté à intégrer les connaissances au niveau d'un cheminement intérieur. Y
a-t-il une façon de s'y prendre?
Uriel : La seule façon que ces connaissances puissent
participer du cheminement, est dans la mesure où elles peuvent servir
d'indication, qu'elles peuvent pointer vers, je dirais, une avenue
d'expérience. Le cheminement lui-même se fait par le biais de l'expérience
directe. Il n'y a pas d'autre façon. Ce n'est que par l'expérience directe.
Robert : L'expérience
directe, c'est quoi?
Uriel : Vous êtes une expérience. Si vous voulez, disons
intégrer la réalité de l'amour, disons dans votre cheminement, vous devez vivre
directement cet amour, vous devez laisser votre être s'en imprégner, vous devez
devenir cet état. Votre conscience doit arriver à la luminosité de cet amour.
Si vous désirez intégrer dans votre cheminement la dynamique de la justice, la
dynamique de la vitalité, vous devez en faire l'expérience directe. C'est la
seule façon. Les connaissances que vous allez puiser vont peut-être vous
servir, justement, de direction, de pointeur, vous indiquer une avenue
d'expérimentation, de recherche, mais dans bien des cas ces connaissances vont
également constituer le plus grand obstacle dans votre démarche parce que vous
allez les identifier comme étant une démarche et elles vont prendre la place de
l'expérience directe.
Robert : Oui, je comprends. Maintenant, lorsque l'on parle
d'expérience directe, de réalité, est-ce que je fais erreur lorsque je pense
que tout le côté matériel de notre vie est souvent la cause première de toute
l'insécurité que l'on vit et de là, le fait que nous passions à côté de ce qui
est important et qu'on passe toute notre vie à se débattre avec cette
insécurité?
Uriel : Alors, oui beaucoup de gens passent toute leur
existence à se débattre dans ce schéma qu'est l'insécurité, en effet. Mais vous
avez là une magnifique illustration d'un schéma de création, justement. Si vous
regardez attentivement et que vous démontez ce schéma vous voyez d'abord une
conscience qui crée l'illusion de la limitation, de la séparation, de la
différence qui est l'ego, qui crée ce que j'appelais tout à l'heure la
coquille. L'être se renferme dans cette coquille et se sent à partir de ce
moment totalement isolé et donc sans aucune protection, sans la force, sans la
puissance qu'il pouvait tirer de son unité avec le tout. Bien sûr, c'est une
illusion qui s'est créée ici, car en réalité cet être demeure en unité avec le
tout. Mais, dans ce cas, il a choisi d'expérimenter à partir d'un sentiment de
besoin, d'un sentiment de manque ou d'un sentiment de restriction et il base
son expérience sur l'identification à sa coquille, l'identification à ce
niveau.
Aussi longtemps qu'il est
identifié à cette structure très temporaire qu'est l'ego, il vivra bien sûr
cette insécurité, peut importe sa façon de tenter de la combler. Cette
insécurité lui vient du sentiment d'annihilation que sera la disparition de
l'ego. Cette insécurité est rattachée à ce que vous concevez comme étant la
mort, cet arrêt, cette cessation de l'être. En réalité, vous savez de plus en
plus que votre être ne .. ne s'annule pas, je dirais, à ce moment. Ce que votre
ego ignore, c'est que lui non plus n’est annihilé, car ce processus est
impossible, l'annihilation est impossible. Votre ego est réintégré, je dirais,
redevient consciemment un aspect de la conscience. Ce que vous pouvez appeler
identité demeure, votre ego conserve son identité, mais unifié, je dirais, à
l'essence.
Robert : Oui, je vois bien. Cette question de l'insécurité
m'amène à penser au fait que les religions se multiplient et les mouvements
initiatiques et je me demande quelle est la différence entre les deux?
Uriel : Lorsque .. évidemment je suppose que votre question
sous-entend les deux institutions à leur niveau réel d'existence et non .. ..
transformée comme elles peuvent l'être maintenant par tous les jeux humains.
Vous entendez la religion en soi, les mouvements initiatiques en soi.
Robert : Oui. Il y a toujours eu des jeux humains, là-dedans.
Uriel : Bien sûr, ils sont créés par des humains. La religion
s'est voulue comme structuration de la pensée, comme mode de structuration et
de, par le fait même, sécurisation de cet aspect de la conscience qu'est l'ego.
C'est la méthode, je pourrais dire, qu'a trouvé l'ego pour se situer lui-même,
je dirais, .. .. créer une fausse identité spirituelle, je dirais, puisque
cette identité continue évidemment à se baser sur la séparation – la séparation
de l'être humain d'avec l'être divin. Le mouvement initiatique, la plate-forme
initiatique se veut effectivement ceci, une plate-forme. Dans son mouvement
initial, il est la tentative .. ce n'est pas le bon terme .. il est la présence
de la conscience éveillée, de la conscience de l'essence dans le schéma, à
l'intérieur du schéma de l'expérience de la dualité. Il est la méthode
qu'utilise la conscience pour conserver le canal ouvert, je dirais, vers
l'essence. Parfois le canal reste pur, parfois il se corrompt mais cela n'a pas
vraiment d'importance puisque le mouvement se fait toujours vers l'essence,
dans ce cas. Si le canal est corrompu, il finira toujours par se transformer.
Me suivez-vous?
Robert : Oui, oui, j'ai bien saisi. C'était ma dernière
question mais je rajouterais, est-ce que ça vaut la peine de se questionner
ainsi?
Uriel : Par votre questionnement, vous maintenez les avenues
ouvertes, vous maintenez les portes de la connaissance ouvertes. Le danger de
votre questionnement est qu'il devienne lui-même l'objet de votre démarche; que
vous en arriviez au sentiment que la démarche elle-même est le questionnement,
sous quelque forme que ce soit, alors que la démarche, ce que vous appelez la
démarche est la possibilité que vous vous donnez de l'expérience directe et de
l'accroissement du champ de conscience vers votre essence.
Robert : Oui, je vous suis. Il me reste à vous remercier
beaucoup, beaucoup.
Uriel : Le plaisir fut très profond pour moi, également et
j'espère que cette expérience pourra se reproduire dans des temps relativement
rapprochés. Je vous salue, mon ami. À bientôt.
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